Lettre n°13
Les six aveugles et l’éléphant
Un jour de grand soleil, six aveugles originaires de l’Hindoustan, instruits et curieux, désiraient, pour la première fois, rencontrer un éléphant afin de compléter leur savoir...
Le premier s’approcha de l’éléphant et, alors qu’il glissait contre son flanc vaste et robuste, il s’exclama : « Dieu me bénisse, un éléphant est comme un mur ! ».
Le deuxième, tâtant une défense s’écria « Oh ! Oh ! Rond, lisse et pointu ! Selon moi, cet éléphant ressemble à une lance ! »
Le troisième se dirigea vers l’animal, prit la trompe ondulante dans ses mains, et dit : « Pour moi, l’éléphant est comme un serpent ».
Le quatrième tendit une main impatiente, palpa le genou et fut convaincu qu’un éléphant ressemblait à un arbre !
Le cinquième s’étant saisi par hasard de l’oreille, dit : « Même pour le plus aveugle des aveugles, cette merveille d’éléphant est semblable à un éventail ! »
Le sixième chercha à tâtons l’animal et, s’emparant de la queue qui balayait l’air, perçut quelque chose de familier : « Je vois, dit-il, l’éléphant est comme une corde ! »
Alors, les six aveugles discutèrent longtemps et passionnément, tombant chacun dans un excès ou un autre, insistant sur ce qu’ils croyaient exact. Ils semblaient ne pas s’entendre, lorsqu’un sage, qui passait par-là, les entendit argumenter. « Qu'est-ce qui vous agite tant ? » dit-il. « Nous ne pouvons pas nous mettre d’accord pour dire à quoi ressemble l’éléphant ! » Et chacun d’eux lui dit ce qu’il pensait à ce sujet.
Le sage, avec son petit sourire, leur expliqua : « Vous avez tous dit vrai ! Si chacun de vous décrit l'éléphant si différemment, c’est parce que chacun a touché une partie de l’animal différente ! L’éléphant a réellement les traits que vous avez tous décrits. »« Oooooooh ! » s’exclama chacun.
Et la discussion s'arrêta net !
Et ils furent tous heureux d’avoir dit la réalité, et heureux d’avoir contribué à la construction d’une réalité plus grande, une réalité plus grande que la seule addition des caractéristiques apportées par chaque aveugle.
Conte traditionnel hindou, arrangé par Graines de Paix
Dans le Jaïnisme, il est expliqué que la vérité peut être affirmée de sept façons différentes. Les Jaïnistes appellent cette doctrine “ anekantavada ” ou la théorie des affirmations multiples.
Le médiateur n’est-il pas un passeur – passeur de parole et passeur de sens – qui mène
- du binaire au ternaire
- du schématique au nuancé
- du dogme au questionnement
- de l’univocité à la plurivocité
- de la singularité d’un regard à la pluralité des regards
- du mépris des différences au respect de l’altérité
- de la recherche de la vérité à la reconnaissance des vérités ?
Janie Bugnion,, ancienne déléguée du Comité international de la Croix-Rouge,
médiatrice, membre du Forum suisse de justice restaurative, administratrice ANM
Le mot du Président : sous le signe de la fédération…
À nos ami.e.s médiateur.e.s,
La livraison de votre Lettre se place sous le signe de la fédération, comme nos amis Genevois ont appris à le faire vivre.
Certes, les organes, les machins, comme aurait dit le Grand Charles, sont bien utiles à faire fédération, mais l’essentiel est ailleurs ; l’utilité commune ne se décrète pas : elle se vit !
Elle naît des actions opérationnelles, quotidiennes, dans leur diversité.
Cet esprit ouvert aux vents du monde qui est l’essence de la médiation, en voici traduction par l’ANM.
Nous avons choisi de partager avec vous notre force commune : malléabilité, créativité, universalisme, reconnaissance de l’autre, art de la négociation.
Avec Jean-Pierre Klein, s’interroger sur le distanciel contraint qui s’impose à nous, pour en faire un objet malléable.
Se fondre dans l’autre sans se perdre : l’art de négocier à travers 7 négociations qui ont fait la France, mais aussi l’utopie réalisée de la médiation restaurative, et encore l’enrichissement croisé du médiateur/conciliateur, enfin l’appel à toutes les formes de médiation à s’écouter, se faire connaître, porter notre message universel : vous pourrez commander les minutes du Congrès d’Angers, où ont résonné nos valeurs.
Quant à la créativité, faites un tour du côté de la dernière parution de nos partenaires d’Intermédiés.
Bonne lecture !
Didier Morfoisse, Président de l'ANM
Les Actes du « Congrès International de toutes les médiations » Angers 5-7 février 2020
Le congrès 2020 avait pour thème « Entre la généralisation et la spécialisation : quel chemin emprunter pour développer la médiation ? » L’objectif : montrer la diversité des pratiques afin qu’elle soit mieux connue et partagée par le plus grand nombre.
Ce congrès a contribué à la construction d’une communauté riche de sa diversité. Cette réussite repose sur la mobilisation collective de nombreux réseaux de médiateurs, mais aussi sur celle des organismes de formation. Ce succès résulte d’une volonté affichée par les organisateurs de retenir des thèmes rassembleurs, transversaux sans sacrifier une offre de débats plus sectoriels/spécifiques. Entre autres sujets d’importance, l’Intelligence artificielle dans la médiation s’est imposée avec la question de savoir si elle pouvait être une alliée ou un adversaire avec ses craintes de déshumanisation, d’éthique mais aussi d’espoir. Tout comme la médiation internationale (reconnue par l’ONU) joue un rôle capital aujourd’hui dans les conflits internationaux pour faire partager les enjeux et son rôle dans le maintien de la paix.

Une ambition plurielle
Il s’agit de tenir la promesse faite aux congressistes qu’une synthèse serait publiée pour conserver la mémoire des riches interventions de chacun, de rendre compte des présentations et des débats et la diversité des approches.
Ces actes se veulent une photographie de l’avancée du travail des médiateurs mais aussi une mise en perspective de 2/3 grandes problématiques communes comme la professionnalisation et la structuration de la médiation.
Ces actes représentent un premier levier pour mobiliser les réseaux nationaux et internationaux qui n’ont pas encore été associés afin de contribuer à une version plus élargie à Angers en 2022.
Cinq enjeux fondamentaux
- Un changement culturel est nécessaire pour développer la médiation.
- la bataille à mener pour préserver la souplesse de la médiation, contre les tentatives d’institutionnalisation et de rigidification.
- La médiation n’est pas la propriété exclusive des acteurs du droit.
- Il faut renforcer la collégialité entre les médiateurs et cela passe par la préparation et la réalisation d’évènements tels que le congrès d’Angers 2020.
- La médiation doit être mieux comprise du grand public et cela passe par une sensibilisation.
Le Comité Editorial
Pour rédiger ces actes, un comité éditorial a été constitué et composé de huit membres placé sous la direction scientifique de Jacques FAGET. Ce comité éditorial s’est réuni toutes les 3 semaines, afin de faire le point sur les restitutions.
La rédaction des restitutions été confiée à chacun des modérateurs des ateliers et des séances plénières. Deux membres du comité éditorial étaient chargés de relire les restitutions et de vérifier les retranscriptions afin de respecter la parole de chaque intervenant.
Les restitutions
Chaque modérateur a pris en compte pour la rédaction de leur synthèse de :
- relever les interventions les plus structurantes et les plus éclairantes en mettant en lumières trois à cinq concepts importants
- préciser quels enseignements ils souhaitent retenir de leur atelier ou plénière
- souligner les atouts qu’ils souhaitent mettre en avant pour le grand public
- donner quelques pistes de réflexion pour l’avenir.
Afin de les aider dans leur tâche, chaque modérateur disposait des retranscriptions des interventions mais également d’un cahier des charges de rédaction.
« Pour le comité éditorial que j’ai eu l’honneur d’animer avec Hervé CARRÉ, Président de ce premier congrès International de toutes les médiations la rédaction de ce recueil d’actes était capitale pour introduire le congrès 2022 » souligne Patricia Malbosc.
Les actes devaient rendre compte des présentations et débats de l’ensemble des ateliers et séances plénières de ce congrès et ouvrir la voie à un changement culturel permettant de porter un regard nouveau sur la médiation afin de la rendre plus accessible au plus grand nombre.
« Nous espérons que le lecteur y trouvera l’essentiel de toutes ces magnifiques interventions du congrès 2020. Tout est mis en œuvre pour une édition 2022 à Angers encore plus riche et plus dynamique, à l’instar de la popularité grandissante de la médiation pour une résolution apaisée des difficultés, des différents et des conflits à travers le monde » explique Patricia Malbosc.
Patricia Malbosc, Présidente de PLANET'MEDIATION,
Présidente du Comité scientifique du Congrès d’Angers
Les actes sont disponibles. Pour commander, cliquer ici
Le rapproché du Distanciel
Jean-Pierre Klein nous invite à découvrir comment la Médiation artistique en relation d’aide utilise le virtuel comme un « médium malléable »
Le distanciel s’est invité abruptement en réponse à la pandémie et les expériences qu’il a suscitées ont d’abord été placées par la plupart sous le signe du manque de corps, de la perte par rapport au présentiel, des compensations illusoires et des fausses équivalences. Ou bien les expérimentations se sont crues enfermées limitées par une mosaïque faite de petits rectangles des visages cernés par les caméras fixes des ordinateurs portables.
Or, la mission de la Médiation artistique en relation d’aide, profession de l’ordre du social (l’art-thérapie se situant davantage dans l’ordre du thérapeutique) est de partir des contraintes, des difficultés, voire des empêchements et des résistances, et de relever le défi de les transmuter en création, en s’appuyant sur les ressources et les potentialités de chacun et du groupe, enfouies parfois derrière des découragements. Ce qu’il est commode d’appeler le virtuel, terme polysémique, peut-il être considéré comme un medium au même titre que l’argile, et recèle-t-il des propriétés de « medium malléable1» ? Comment définir un nouveau champ d'investigation et de propositions : cadre, dispositif, postures, modalités de suivi entre les séances proposées, etc. ?

Nous avons été obligés lors du confinement lié au (ou à la) Covid-19 (au sexe incertain) de recourir au distanciel pour les enseignements, les reprises de la pratique, les intégrations et les supervisions collectives, les réunions d’équipe, –ce qui a été très facile grâce au zoom ou autres logiciels, mais aussi pour des ateliers dans des cadres sociaux, sociétaux, institutionnels ou soignants.
Nous nous sommes interrogés : nos élèves, nos intervenants, nos diplômés en médiations artistiques (et nos art-thérapeutes en petits groupes), sur les pratiques médiatrices, sur le travail, la restauration des liens et le dépassement des conflits, ainsi que sur les propositions d’ateliers lors des séances de formation. Nous avons pu constater ensemble l’impact qu’elles pouvaient avoir sur les personnes en rapport avec le professionnel ou le groupe vivant ces propositions d’ateliers virtuels.
Des groupes de travail se sont constitués sur le distanciel et il est trop tôt pour livrer toutes leurs propositions. Je dirai juste quelques considérations dans ce champ qui promet d’être fertile. Nous avons l’intention de consacrer une journée d’étude à ces questions et à ces expériences qui nous forcent à l’innovation.
Unification
Une des premières surprises a été de constater qu’un groupe qui s’était morcelé en sous-groupes d’influences conflictuelles s’est trouvé unifié comme si tous/toutes répondant, chacun.e à sa façon, aux mêmes propositions de mises en création, se retrouvaient en homogénéité sur la surface de la mosaïque comme figure égalitaire au-delà des différences. Les sous-groupes d’affinités sont devenus un ensemble d’individus reliés entre eux par la médiation.
Le fait d’être en quelque sorte « seuls ensemble »2 a permis de conjuguer la solitude et l’appartenance à un ensemble qui lui est compatible.
Election du cadre dans le « chez soi »
Les prises se passent pratiquement pour tous à leur domicile : comment choisir dans ses lieux familiers, comment trouver/dégager un espace qui peut d’une part être vu et qui peut d’autre part donner lieu à un espace de réalisation artistique qui est le cœur de nos dispositifs.
Comment préparer le cadre, ce qui sera vu ou non, comment orienter l’ordinateur : le fond bibliothèque devant laquelle parler témoigne que l’on s’appuie sur un fonds (avec un s cette fois) de culture.
Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec la délimitation dans le ciel du champ des augures qui interprètent ce qui passe dans cet espace qu’ils ont circonscrit (comme d’ailleurs un caméraman moderne) et qui devient le lieu de mouvements des oiseaux dont comprendre le sens.
Qu’en est-il en outre de travailler dans un espace-temps symbolique quand on est entouré d’objets familiers, souvent usuels, qui du coup, même s’ils ne participent pas à l’atelier, sont injectés de symbolique qui s’est déroulé en leur présence.
On peut jouer aussi avec des situations hors-champ comme si le découpage par la caméra devait ne pas circonscrire l’entier de ce qui est vu par les autres. Seule la personne peut le voir dans le réel de l’espace qu’elle a choisi chez elle. Jeu de l’intime qui est de soi à soi et choix de ce qu’on va livrer de son intimité partagée avec les autres dont on sent les regards sans jamais savoir si ceux-là sont supposés ou effectifs.
On peut réintégrer, par exemple d’exercice, l’élection d’un objet réel dans l’espace intime du lieu de l’enregistrement mais non montré, qu’on décrit dans ses dimensions, ses propriétés, les projections affectives dont cet objet est dépositaire sans que les interlocuteurs puissent le voir.
Ne parlons pas des irruptions du réel : passage d’un compagnon ou compagne par inadvertance dans le champ de la caméra, d’un chien, d’un chat qui saute sur les genoux, d’un bébé qui pleure dont on est obligé de s’occuper,… Interférences du réel et du symbolique.
Ce qu’il est traditionnel d’appeler « l’autre scène » se mêle ainsi à la scène ordinaire, à moins que cette scène (qui comprend son hors-champ visible non par les interlocuteurs virtuels mais par la personne elle-même), devienne entièrement autre scène.
Dans le Que sais-je ? que j’ai écrit sur Théâtre et dramathérapie3, je réfléchissais sur le retour au quotidien de ceux qui, de façon importante ou non, avaient participé à la représentation d’une Passion de Jésus Christ ou du pèlerinage d’un saint dans leur village. Voici ce que j’en disais : « Le retour à la vie ordinaire est transfiguré : chacun dans son rôle et son travail est désormais et à jamais imprégné de ce qu’il a vécu dans un rôle de la Passion en liaison avec la collectivité. » Le symbolique imprègne tout.

Le regard de la caméra sur la chambre (qui est son étymologie)
Son espace intérieur intime est exposé, au même titre que les intimes exposés des autres, et simultanément étalé sur la mosaïque, ou sur 4 rectangles en dessous, en dessus ou sur le côté. D’ici à ce qu’on attribue à ce sous-groupe, des intentions dues au hasard auquel on donne sens, de même que le voisinage de tel autre rectangle habité qui d’ailleurs n’est pas le même pour cette personne par rapport à notre propre rectangle.
Chacun dans son image étant le fruit hasardeux d’une répartition à laquelle on se sent obligé de donner des significations de proximité ou d’éloignement comme signes arbitraires auxquels on confère un sens comme si cet arbitraire cachait un dessein qui nous échappe. Le virtuel engendre des pensées magiques.
J’écris « chambre » même si l’espace familier choisi n’est pas sa chambre. On pourrait dire que dans le champ de la caméra sur son intime, tout devient chambre.
Unification
Qu’en est-il du champ de soi dans l’espace qui le contient ?
On peut expérimenter des jeux avec la caméra : gros-plan certes mais aussi profils, plans moyens, plans larges jusqu’aux plans américains (avec cependant l’obligation de s’approcher du micro incorporé proche de la caméra mais nul doute que la technique saura bientôt les dissocier). En quelque sorte, profiter de l’expérience des vidéastes pour varier les angles et les sens y afférents.
Il y a aussi se mettre debout, souvent en contreplongée, puis se rasseoir, faire des exercices d’échauffements, de composition faciale ou corporelle, de gestes qui paraissent désinsérés du reste du corps hors champ, etc.
Physique/virtuel, comparaison de représentations
Une proposition d’un groupe de stagiaires en cours de formation de Médiation artistique dont beaucoup étaient vidéastes professionnels ou commissaires d’exposition, a été de confronter une image envoyée par la poste aux participants qui la comparaient à la même image sur l’écran avec les possibilités de zoomer et autres distorsions, jointes à des interventions plastiques sur la photo papier.
Il y a eu aussi le masquage partiel de l’œilleton de la caméra par recouvrement d’un linge semi-transparent qui laissait deviner le visage ou la silhouette de la personne.
La sortie du plan puis la rentrée de nouveau ou l’arrivée partielle progressive dans le champ pour approcher jusqu’à un détail qui devient métonymie du sujet tout entier.
Héautoscopie
Il y a eu aussi la sidération de se voir parler en direct d’ailleurs davantage comme un film qu’un miroir : la gauche se retrouvant opposée, cet envers à plat de soi-même.
Et de voir son visage quasiment au même titre que ceux des autres.
La psychiatrie décrit un curieux symptôme sous le nom d’héautoscopie qui est l’hallucination extérieure de soi-même, un peu comme ce personnage inquiétant que Freud voit venir à sa rencontre dans son compartiment de train, avant de s'apercevoir qu'il s'agit de son reflet dans un miroir4.
Décider ou non d’être vu en train de créer ou bien partiellement. Se dérober ou se laisser surprendre. Se voir soi-même en état de créer. Percevoir de l’extérieur par éclairs la profondeur de sa concentration. Oublier les regards supposés des autres ou au contraire les évoquer sans en être bien assuré. Savoir que chacun est peut-être dans cet état, et cela de façon encore plus fortement qu’en présence où l’on ne se préoccupe surtout que de son acte créateur (cônes de la rétine) avec les autres en vision latérale (bâtonnets de la rétine).
La vue relativisée, voire occultée
Les autres sens peuvent être sollicités comme si la vue qui semblait les disqualifier devait être défiée : nous avons expérimenté l’unisson vocale après arrêt des vidéos, les respirations communes qui devenaient le souffle du groupe.
Confidences sur l’oreillette
Le travail en distanciel permet aussi des rapprochés clandestins par chat’, commentaires, téléphones, WhatsApp, échanges entre intervenants sur le groupe, toutes choses qui ne se font que de façon discrète en présentiel (chuchoter à l’oreille de l’autre intervenant, se faire des signes,…)
Constater éventuellement que les productions de tous sont davantage apparentées qu’en présentiel, ce qui reste mystérieux, à moins qu’on suppose d’autres moyens extrasensoriels de communication implicite…
Le distanciel a favorisé pour certaines personnes inhibées en présence, une aptitude à la confidence. Parfois fort intime. Effet de confessionnal ? D’anonymat du destinataire ?
Cela a été exacerbé lorsque tout le monde a arrêté le son et la caméra et que la personne dans le rectangle supérieur gauche (logiciel Zoom) est seule visible et audible par tous. Les confessions les plus intimes ont été possibles et tous ont été dans une grande émotion à les recevoir et parfois si cela est la règle comme en dramathérapie distancielle (ce que nous faisons toutes les semaines avec un dramathérapeute californien qui intervient entre autres sur les réconciliations entre groupes en conflit), d’y répondre ensuite par le chant ou le mouvement en phase avec le ressenti princeps.
De toute façon, ne pas oublier de jurer à la fin de respecter la confidentialité de ce qui s’est passé dans l’atelier et d’interdire toute diffusion d’un enregistrement éventuel qui ne peut être réservé qu’à ceux qui ont eu des problèmes techniques de branchement. Je m’aperçois en les évoquant que j’ai omis de parler de la mise en œuvre de l’atelier avec les difficultés de son, de caméra, ou même de connexion. Cela prend au minimum un quart d’heure au début de chaque atelier, et même de cours.
Je suis quelquefois effaré de voir combien certains animateurs ont du mal à quitter leurs zones de confort qu’ils s’évertuent à essayer de reproduire. On peut se demander ce qu’il en est généralement quand un incident non prévu survient, de quelque origine que ce soit. On peut aussi interroger la façon dont ils considèrent ceux qu’ils animent comme devant se couler dans un moule presque semblable d’une situation à l’autre, d’un état du groupe ou de l’individu à l’autre.
La pandémie secoue nos vieilles habitudes et nous rappelle d’être toujours créatifs au présent. Le gérondif quoi, le playing, le rester vivant : participe présent et non substantif acquis une fois pour toutes.
Que le gérondif engendre l’inchoatif, déclenchement d’une action…
Jean-Pierre Klein, directeur de l’Inecat, qui décerne des titres professionnels de Médiateur artistique en relation d’aide,
Auteur - producteur de pièces de théâtre
www.inecat.org -
1Roussillon R., Paradoxes et situations limites de la psychanalyse, Paris, Puf, 1991, p. 130-146
2Chet Baker & Bill Evans, Alone Together, Seuls ensemble, album, 1959
3Klein J.-P., Théâtre et dramathérapie, Paris, PUF, Que sas-je ?, 2015
4Freud S., « Das Unheimliche » (1919), « L'inquiétante étrangeté », Essais de psychanalyse appliquée(Trad. M. Bonaparte et E. Marty), Gallimard, Paris, 1933.
Retour sur une expérience riche en enseignements : la médiation de voisinage
En 2017, l’Association Nationale des Médiateurs (ANM) a remporté un appel d’offres initié par l’organisme de logements sociaux, Paris Habitat, en vue de mener des médiations de voisinage auprès des locataires parisiens du bailleur.
Dans un précédent article, paru dans la lettre n°09 d’avril 2019, nous avions eu l’occasion d’évoquer les termes de ce partenariat circonscrit aux 230 000 logements situés dans Paris intra-muros. Fin février 2021, après quelque deux cent soixante-treize dossiers traités, ce partenariat, prévu pour trois ans, est arrivé à son terme.
Ces quatre années, de juin 2017 à février 2021, ont été pour l’ANM et ses médiateurs un formidable creuset d’expériences et d’apprentissages, que nous souhaitons évoquer ici.
Mais, tout d’abord, rappelons brièvement le cadre de cette collaboration.
Un partenariat limité aux seules médiations de voisinage
L’intervention des médiateurs de l’ANM concernait les seuls conflits de voisinage d’ordre privé, entre deux ou plusieurs voisins, relatifs à l’occupation du logement (bruit, odeurs…dégâts des eaux répétitifs), aux incivilités ou encore aux perceptions de discrimination…
Classiquement, les troubles psychiques en étaient exclus. De même que tous les litiges concernant les relations des locataires avec leur bailleur, Paris Habitat disposant d’un médiateur interne compétent pour traiter tous les différends relatifs au contrat de location, à la contestation des loyers et des charges, aux demandes de travaux et leur qualité ou à l’entretien des espaces communs.
Il était demandé aux médiateurs d’aider les locataires à retrouver une jouissance paisible de leur logement en utilisant les outils classiques de la médiation : favoriser le dialogue afin de faire émerger des solutions et permettre le « vivre ensemble ».
Des dossiers sélectionnés par les équipes de Paris Habitat
La sélection des cas à envoyer en médiation était du ressort de chacune des quatre directions territoriales parisiennes de Paris Habitat.
Dans un premier temps, certaines délégations avaient demandé à avoir un référent choisi parmi les médiateurs de l’ANM afin d’évaluer, en cas de doute, si la situation était de nature à être traitée en médiation ou non.
Puis, à la suite de la réorganisation interne du traitement de la médiation de voisinage au sein de Paris Habitat à l’été 2020, les délégations adressaient directement leurs dossiers au service de médiation de Paris Habitat qui décidait ensuite du renvoi ou non des dossiers auprès des médiateurs de l’ANM.
Une fois les dossiers sélectionnés, il a fallu organiser leur traitement.
A cet effet, l’ANM a développé un site internet, mis en place une équipe de médiateurs dédiée et créé une commission consacrée à la médiation de voisinage.
Pour assurer le bon traitement de ces dossiers, l’association a su faire évoluer son organisation et mettre en place toute une série de procédures et d’outils créés sur mesure.
Création sur mesure d’un outil répondant aux besoins de Paris Habitat : le site internet www.anm-habitat.com
Au tout début du partenariat, tous les échanges entre les médiateurs et les équipes de Paris Habitat transitaient par le salarié de l’ANM qui relayait les informations par téléphone et par emails. Rapidement, il est apparu nécessaire d’organiser ces relations afin que chacun puisse gagner en temps et en efficacité.
Très rapidement, l’ANM a mis en place un site web permettant à Paris Habitat de renseigner les éléments du dossier comprenant les coordonnées des locataires, des informations succinctes sur la nature du conflit, son antériorité ainsi que les pièces existantes (telles que les plaintes et différents courriers adressés au bailleur).
Ce site n’était pas propre aux médiations de voisinage et avait été développé initialement pour répondre aux besoins d’autres types de médiation menées au sein de l’ANM, telles que les médiations judiciaires ou encore les médiations de la consommation.
C’est la raison pour laquelle, l’ANM a eu à cœur de développer un nouveau site, entièrement dédié à l’habitat, www.anm-habitat.com, qui a pu être mis en ligne en juin 2020.
Chaque action du médiateur est désormais clairement présentée permettant ainsi aux équipes du bailleur de suivre l’état d’avancement du dossier en temps réel.
Plus clair, plus compact, ce site est également un véritable outil de travail que les médiateurs ont su s’approprier avec facilité.
Mis en place d’une équipe de médiateurs ANM dédiée
L’ANM a su constituer une équipe de médiateurs, une quinzaine au total, très engagés sur ces dossiers de voisinage.
Au départ, constitué de quelques médiateurs aguerris, le groupe s’est étoffé au fil du temps, en partie, notamment, grâce à l’offre de tutorat mis en place par l’ANM au sein de ces médiations de voisinage.
Dès l’origine de ce partenariat, l’ANM a en effet mis en place un système de comédiation entre un médiateur confirmé et un médiateur junior afin de permettre à ce dernier de s’exercer en toute sécurité.
A chaque nouvelle médiation, l’ANM attribuait un médiateur junior au médiateur confirmé. Dans un mode de fonctionnement idéal, l’ANM s’est efforcé de faire évoluer les binômes de telle sorte que le médiateur junior puisse travailler au minimum avec deux médiateurs confirmés.
Cette expérience s’est révélée très enrichissante à la fois pour les médiateurs expérimentés et pour les juniors et a fait naître des vocations, un certain nombre des médiateurs de l’équipe étant issus de ce tutorat.
Création de la Commission Habitat fin 2019
Organiser les relations avec le bailleur, gérer les difficultés d’attribution et d’organisation des médiations de voisinage, suivre le site internet et sa refonte, toutes ces tâches ont conduit l’ANM à créer une commission Habitat composé de trois membres, tous médiateurs du voisinage afin d’épauler Vincent Ramon, salarié de l’ANM, en charge, entre autres, de l’organisation des activités de médiation de voisinage.
Cette commission a eu pour rôle d’accompagner la pratique de l’équipe des médiateurs. Des réunions d’échanges de pratique ont ainsi été organisées sur une base trimestrielle. La commission a également été amenée à gérer toutes les conséquences de la pandémie de la COVID 19 (mise en place de mesures sanitaires, lien avec les responsables de Paris Habitat…).
Adaptation du processus de médiation au fil du temps
Si les médiations de voisinage au sein du parc social peuvent être parfois singulières, le déroulé des médiations lui reste très classique avec la tenue d’entretiens individuels (le plus souvent au domicile des locataires) suivis d’une, voire parfois deux, réunions plénières.
Pour autant, une expertise s’est créée au fil du temps. C’est en s’appuyant sur cette expérience que nous avons fait évoluer le déroulé des médiations afin d’assurer une meilleure tenue des accords obtenus.
Désormais, les appels téléphoniques de suivis auprès des locataires, trois semaines à un mois après la tenue de la réunion plénière, sont systématiques ainsi que le dépôt d’un rapport qu’il y ait eu ou non une réunion plénière.
L'ANM tient à préciser que le principe de confidentialité de la médiation est pleinement respecté : le contenu des discussions, tout ce qui relève de l'intimité des participants à la médiation, n'est pas dévoilé à Paris Habitat. Seuls les données factuelles, la suite des démarches effectuées et leurs résultats sont transmis au bailleur social.
De plus, des médiations en navette sont de plus en plus menées lorsque la rencontre entre les locataires est impossible compte tenu de l’ancienneté du conflit.
2020 : L’expérience particulière du confinement
Durant le premier confinement, il était devenu impossible de se déplacer et de rencontrer les locataires. Le processus habituel, fait de rencontres successives, ne pouvait plus fonctionner.
Les médiateurs ont dû s’adapter. Dans la mesure du possible, ils sont efforcés de rester en contact téléphonique avec les locataires en poursuivant même parfois la médiation sous forme de « navette » entre eux.
Dès le mois de juillet, les médiateurs ont pu renouer avec les entretiens au domicile des locataires et les réunions plénières en présentiel. Mais cela bien sûr, dans le strict respect des règles sanitaires. Bien évidemment, ces rencontres ont dû au préalable recueillir l’assentiment unanime de toutes les parties concernées par la médiation (médiateurs comme locataires).
Une charte a par ailleurs été élaborée par la Commission Habitat. Signée par l’ensemble des médiateurs, elle engageait ainsi chacun d’entre eux au strict respect des gestes barrières et des consignes de sécurité.
Au fil de ces quatre années, l’ANM s’est donc plusieurs fois réinventée et adaptée aux nombreuses contraintes qu’ont fait naître ce marché exigeant, sans jamais perdre de vue que la médiation de voisinage, au service des habitants, vise d’abord à rétablir la communication et à recréer les liens sociaux. Elle dispose aujourd’hui avec son site internet d’un outil élaboré sur mesure pour gérer ces médiations de voisinage, d’une équipe formée, compétente et engagée pour mener à bien ce type de médiations, d’une commission qui a su élaborer un certain nombre de règles de bon fonctionnement.
Riche de cette expérience, l’ANM entend poursuivre son développement dans le secteur des médiations liées à l’habitat. Un nouveau partenariat vient d’ailleurs d’être signé avec un autre bailleur social pour ses résidences situées en proche banlieue parisienne. Forte de sa présence nationale et de ses nombreux médiateurs présents sur l’ensemble du territoire, il y a fort à parier que d’autres partenariats voient le jour avec d’autres acteurs du secteur de l’habitat.
Karine Mehler, administratrice ANM, responsable de la Commission Habitat
Inter&médiés n°9 parution en mai 2021 : Osez la créativité !
Chic Thompson1, chantre de la créativité depuis 30 ans, disait qu’elle était « la capacité de regarder la même chose que tout le monde et de voir quelque chose de différent ».
Pourquoi se pencher sur ce thème ? Et pourquoi est-il si cher à notre cœur !
Tout simplement car l’idée de la revue Intermédiés a émergé d’un élan créatif, d’une volonté de sortie du cadre académique. Il s’agissait pour nous de présenter un projet différent pour un mémoire de fin d’étude. Sortir de la boîte, penser autrement, réfléchir à de nouvelles façons de faire et se lancer ! Quoi de plus stimulant ?
Ce numéro sera une ode à la créativité qui sommeille en chacun de nous… En tant que médiateur, facilitateur et accompagnateur dans les conflits, il est essentiel de savoir et d’oser jouer à un moment donné la carte créative. Et nous avons tous et toutes en nous la capacité de le faire.
Que faut-il pour être créatif ? A la rédaction, nous nous sommes penchés sur la question et il s’est avéré que chacun de nous a en lui « un génie créatif » selon la formule de Céline Vallières, médiateure québecoise invitée de ce numéro.
Il suffirait de la développer et de lui laisser assez de place pour lui permettre d’éclore. Julien Peron, la créativité chevillée au corps, a accepté de se faire tirer le portrait et nous propose justement de partir en voyage pour la découverte des sens et du sens de la vie.
Je vous invite également à découvrir des techniques créatives dans ce numéro d’exception. Vous plongerez avec nous dans les délices de la création à travers les témoignages de praticiens et de portraits de personnalités qui ont fait de l’art et de la création leur marque de fabrique.
Un numéro sur la créativité ne serait pas complet sans passer par un petit test pour voir quel genre de créatif vous êtes… Préparez vos crayons !
Aussi, comme à notre habitude, nous vous proposons des rubriques variées et pratiques autour du bien-être avec l’importance du rire, du deal autour des vaccins du COVID-19, de l’apport de la négociation en médiation sans oublier, bien sûr, la boîte à outil autour du langage et de la facilitation graphique…
Vous l’aurez compris, ce numéro du printemps s’annonce rafraîchissant et fleuri pour célébrer la créativité. Rêvons, imaginons, créons et comme le disait si bien Einstein : « La créativité est contagieuse, faites-la tourner… »
Joëlle Dunoyer, Rédactrice en chef www.intermedies-mediation.com
1Chic Thomson auteur de l’ouvrage “What a great idea!” Unlocking Your Creativity in Business and in Life.
Témoignage d’un médiateur-conciliateur de justice
C’est en 2019 que j’ai entendu pour la première fois parler des conciliateurs de justice qui étaient évoqués, me semble-t-il avec un certain mépris, comme des « médiateurs low cost ».
En consultant le site des conciliateurs de justice1, j’y ai trouvé, au contraire, l’image positive d’un métier d’auxiliaire de justice, puisant ses sources chez les anciens juges de paix . Le site m’a donné envie d’en savoir plus si bien que j’ai fait part de mon intérêt au président du tribunal de proximité de Palaiseau dans l’Essonne. J’ai reçu peu après un appel téléphonique de la présidente de l’association des conciliateurs de l’Essonne que j’ai rencontrée, et qui m’a proposé une période d’apprentissage auprès de conciliateurs en exercice. Très vite deux d’entre eux m’ont invité à les accompagner et j’ai assisté à plusieurs de leurs permanences à la mairie d’Orsay et dans les maisons de la justice et du droit d’Athis-Mons et de Villemoisson-sur-Orge.
Points-justice :
Maisons de justice et du droit (MJD)
et Points et relais d’accès aux droits (PAD/RAD)
| Sur tout le territoire national, il existe 1 748 points et relais d’accès au droit (PAD/RAD), 147 maisons de justice et du droit (MJD) et 30 antennes de justice (AJ) qui œuvrent dans l’intérêt des usagers du service public de la justice. Ces lieux sont coordonnés par les conseils départementaux de l’accès au droit (CDAD). Les maisons de justice et du droit (MJD) sont des établissements judiciaires résultant d’un partenariat entre le ministère de la justice et une collectivité locale. Nées d’initiatives locales au début des années 1990, leur développement a nécessité un cadre législatif. Elles sont réglementées aux articles R.131-1 et suivants du Code de l’organisation judiciaire. Il existe à ce jour, 147 MJD réparties au sein de 30 cours d’appel et de 66 départements. Placées sous l’autorité conjointe du Président du tribunal judiciaire et du Procureur de la République, les MJD assurent une présence judiciaire de proximité gratuite et diversifiée à leurs usagers. Instruments de cohésion sociale, elles concourent à la prévention de la délinquance, à l'aide aux victimes et à l'accès au droit. Les mesures alternatives de traitement pénal et les actions tendant à la résolution amiable des litiges peuvent s'y exercer. Afin d’honorer toutes ces missions, elles possèdent de nombreux intervenants judiciaires (greffiers, avocats, conciliateurs, médiateurs, délégués du Procureur…), juridiques (juristes, notaires, défenseurs des droits…) et sociaux (travailleurs sociaux, psychologues…). Au 1er janvier 2021, les MJD ont été labellisées point-justice par le ministère de la justice, pour une meilleure visibilité, tout comme les points d'accès au droit (PAD). Les points et relais d'accès au droit (PAD/RAD) sont des structures plus petites, plus nombreuses et souvent spécialisées (jeunes, détenus …). Ils n‘ont pas le statut d’établissements judiciaires, même s’ils bénéficient d’un partenariat entre la justice et les collectivités locales. |
La maison de la justice et du droit de Longjumeau et de Villemoisson-sur-Orge3
Lors des permanences, des plaignants se succédaient toutes les heures et demandaient une conciliation dans les différents domaines de compétence des conciliateurs à savoir :
- Le voisinage incluant les nuisances (bruits, odeurs…) et les conflits immobiliers (haies, arbres, limites, bornage, mitoyenneté, encombrements, restrictions de passage, passages et servitudes),
- Les différends entre personnes (dettes et créances, achats ventes entre particuliers, différends familiaux) ;
- Relations entre bailleurs, locataires, copropriétaires (abandon des lieux, insalubrités, paiement des loyers et charges, états des lieux…)
- Consommation (constructions, aménagement, travaux, réparation, achats à distance, colis endommagés, banques, assurances, fournisseurs d’eau, gaz, électricité…)
- Baux commerciaux et droit rural (différends entre entreprises, baux ruraux…)
Chaque conciliateur prenait le problème selon son propre charisme. Avec un d’entre eux, j’ai appris comment décharger les élus locaux des conflits que rencontraient ses administrés en apaisant ces derniers avec une tentative de conciliation. Auprès d’un autre dont le leitmotiv était « Le droit, rien que le droit », j’ai appris à vérifier si la demande de conciliation était éligible avant de l’enregistrer, Avec un troisième, j’ai appris les bases du droit de la consommation et du droit du voisinage qui font d’ailleurs l’objet de fiches juridiques précises sur le site des conciliateurs
Au bout d’environ un mois, j’ai rencontré la magistrate du tribunal judiciaire d’Evry chargée de l’instruction des candidatures de conciliateurs de justice. A vrai dire j’étais un peu inquiet car j’avais lu sur le site officiel de l’administration française4 que « Les fonctions de conciliateur de justice sont incompatibles avec celles de médiateur. »
J’ai appris à cette occasion que, si la Chancellerie maintenait le caractère inconciliable des deux fonctions, certaines cour d’appels, dont celle de Paris, adoptaient une position plus souple. Je proposais de limiter mon activité de médiateur en dehors des territoires où j’exercerais comme conciliateur et ma candidature a été transmise avec avis favorable, si bien que j’ai été désigné pour un an le 5 août 2019, puis renouvelé puis renouvelé pour trois ans le 23 septembre 2020. Entre temps, j’ai prêté serment à la Cour d’appel de Paris, en même temps que les nouveaux avocats.
J’exerce désormais la fonction de conciliateur de justice sur les territoires des chambres de proximités de Palaiseau et Longjumeau en effectuant désormais des permanences mensuelles à la maison de la justice et du droit des Ulis et en traitant ensuite les demandes de conciliation depuis mon domicile, dans les différentes mairies des environs et/ou par les moyens d’audioconférence et de visioconférence.
Désireux de concilier cette activité bénévole avec mon activité professionnelle de « catalyseur de changement »5 par le conseil, la formation, l’accompagnement individuel et de groupe (coaching), et la médiation, j’ai limité mes permanences à une par mois, si bien que et je traite en moyenne trois demandes par mois, ce qui est peu comparativement à d’autres collègues conciliateurs. Aujourd’hui, je suis passé de trois demandes par mois à trois demandes par semaine et j’ai hâte que d’autres conciliateurs soient désignés.
Je résumerais mon activité en cinq types d’actions :
- L’accueil des demandeurs
- Le contact avec le défendeur
- La réunion de conciliation
- Accord de conciliation, et contexte
1. L’accueil des demandeurs
Lors de mes permanences, je reçois des demandeurs pendant 30 à 60 minutes au cours desquelles ils racontent leur histoire et apportent des éléments factuels me permettant de trouver les coordonnées du défendeur et de recueillir le dernier document, en général une lettre recommandée, dans laquelle le demandeur a posé sa demande par écrit, sans obtenir de réponse satisfaisante. Voici comment j’effectue alors mon rôle :
- Dans tous les cas, je brosse à grands traits le rôle du conciliateur : auxiliaire de justice, neutre, indépendant, bénévole, tenu au secret ;
- Dans quelques cas rares, où le demandeur n’a pas écrit à son « adversaire », je me fais parfois écrivain public pour l’aider à exprimer le différend et sa demande ;
- Quelquefois je rappelle quelques points de droit concernant le litige évoqué ou alors, je renvoie le demandeur vers un point d’accès au droit ;
- Pour une partie significative des demandes, je réalise que l’objet de la conciliation est secondaire par rapport au conflit d’identité sous-jacent. Je commence alors délicatement mon travail d’accompagnant, qui consiste à faire comprendre au demandeur que la frontière entre le « bon » et le « méchant » ne passe pas nécessairement entre lui-même et son adversaire, mais qu’il peut y avoir une part de responsabilité partagée ;
- Dans certains cas, l’explication de la démarche de conciliation, l’évocation des torts partagés et une première évocation de compromis acceptables suffit à régler le litige. Grâce à l’entretien, le demandeur se sent prêt à rencontrer seul son adversaire et, à plusieurs reprises, il m’a informé a posteriori que la rencontre s’était bien passée et que le litige était résolu ;
- Assez souvent, j’appelle le défendeur pendant la permanence pour lui demander s’il accepte le principe d’une conciliation ;
- La plupart du temps, je termine l’entretien en remplissant ou en faisant remplir un formulaire de demande que j’ai conçu dès ma prise de fonction et que je fais évoluer avec l’expérience ;
- Lorsque je reçois une demande sans rencontre physique, j’effectue l’entretien par téléphone puis j’envoie le formulaire et j’attends son retour.
2. Le contact avec le défendeur
L’étape suivante consiste à contacter l’adversaire ou le défendeur, lors d’un appel téléphonique et/ou à partir d’une lettre type adaptée à chaque situation.
Assez souvent, le demandeur me dit ne pas connaître le numéro de téléphone du défendeur. En effet, il arrive fréquemment qu’il « ne peut pas voir » le défendeur, pas plus qu’il ne veut connaître son numéro de téléphone. Moyennant quoi, je cherche son numéro en consultant les pages blanches de l’annuaire et il m’arrive de le trouver sinon j’envoie un courrier postal. Lorsque le défendeur est une entreprise, j’appelle au téléphone et demande le service juridique ou alors j’écris au mandataire légal, d’ailleurs avec plus ou moins de succès.
Assez souvent, le demandeur me dit ne pas connaître le numéro de téléphone du défendeur. En fait, il arrive souvent qu’il « ne peut pas voir » le défendeur, pas plus qu’il ne veut connaître son numéro de téléphone. Moyennant quoi il m’arrive parfois de le trouver simplement en consultant les pages blanches de l’annuaire.
Assez souvent, le défendeur ne répond pas, et si ma seconde tentative est infructueuse, je clos la demande de conciliation, et envoie au demandeur un certificat de non-conciliation, qui lui permet, s’il le souhaite, d’ester en justice6.
Si je parviens à le joindre au téléphone, le défendeur accepte en général de principe d’une conciliation, parfois au terme d’une longue discussion pour lever ses objections. L’objection majeure que j’ai rencontrée à plusieurs reprises, y compris de la part du demandeur, est le conflit d’identité qui fait dire à l’une des parties, voire aux deux « Après tout ce qu’elle m’a fait, jamais je ne pourrais m’asseoir en face de cette personne ». Je réponds immanquablement « pas de soucis, je vous mettrai de biais »
Une fois l’accord de principe obtenu7, j’invite les deux parties à une réunion de conciliation dans un local neutre, en général une mairie, ou virtuellement dans une audioconférence ou une visioconférence.
3.La réunion de conciliation
Après un an d’expérience, les réunions de conciliation se tiennent dans environ un cas sur trois, soit en moyenne une fois par mois. La réunion se déroule en cinq temps
- Accueil et présentation des règles de conciliation (cf. encadré ci-après)
- Rappel des faits, puis constat sur l’historique avec des points de vue commun et d’autres différents ;
- Evocation du ressenti et des besoins de chacun ;
- Recherche de solutions compatibles avec les besoins exprimés ;
- Accord éventuel sur une des solutions envisagées ou constat de non-conciliation.
| Règles de la conciliation8 : 1.Liberté :
2. Egalité :
3. Sécurité :
|
Certains conflits d’objet portent sur un différend financier, parfois minime, parfois important, comme dans les trois cas suivants :
- une personne avait mal résilié un contrat de vente à distance et le vendeur lui réclamait la somme qu’il estimait due. Le demandeur pensait être dans son droit mais le vendeur a apporté une preuve certaine de la dette. S’agissant d’une petite somme, je n’avais pas envie d’y passer beaucoup de temps et j’ai proposé de « couper la poire en deux » ce que le demandeur a refusé dans un premier temps puis accepté dans un second temps.
- Une personne avait acheté une voiture d’occasion qui était tombée en panne. Le vendeur a proposé de la racheter à moitié prix, ce que le demandeur a refusé dans un premier temps puis accepté ensuite.
- Un abonné au téléphone n’avait pas payé son échéance, en arguant du fait que le paiement en ligne ne fonctionnait pas et l’opérateur avait coupé la ligne. Un agent du service juridique de l’opérateur a accepté une conciliation et était prête à faire un geste mais le demandeur a exigé un montant mille fois supérieur en vertu du prétendu préjudice moral. La conciliation a échoué.
- Un habitant s’est plaint à moi de l’entreprise voisine, dont le terre-plein s’affaissait sur le terrain du demandeur. La réunion de conciliation se tint dans les locaux de l’entreprise où, très rapidement, celle-ci présenta un projet d’investissement de plus de 100 000 € pour rectifier le terrain mitoyen. Un accord fut trouvé sur cette base.
- Une dizaine de locataires d’un bailleur social se plaignent à moi de dysfonctionnement importants de l’ascenseur, du chauffage, des nuisibles, etc. Le bailleur social a accepté le principe d’une conciliation. Le dialogue est cordial même si les problèmes sont complexes si bien que nous avons déjà tenu deux réunions entre bailleur et locataires, entre coupés d’audits et d’actions du bailleur. Une troisième réunion est prévue pour faire le point des travaux effectués et des résultats obtenus.
- Un client d’une banque a reçu une mise en demeure de remboursement d’un prêt qu’elle dit n’avoir jamais reçu. Du jour où la conciliation a commencé, elle déclare avoir retrouvé le sommeil qu’elle avait perdu.
Dans certains cas, il m’arrive parfois de proposer un compromis, ce qui permet à certains de dire qu’à la différence d’un médiateur, un conciliateur peut proposer une solution. C’est exact dans les petits litiges simples mais pas dans la majorité des cas où il y a conflit d’identité.
De nombreux conflits concernent des voisins dont le litige exprimé n’est que la partie visible de l’iceberg. Voici quelques exemples vécus :
- Un couple s’était plaint à moi de la hauteur de la haie de leur voisine et il m’avait envoyé copie du dossier où ils lui avaient écrit dans des termes très durs et même fait appel à la police. Ayant contacté la voisine au téléphone, elle me signala qu’elle était prête à tailler sa haie, mais je lui ai signalé qu’à mon avis, cela ne résoudrait pas le problème, estimant que les arbres n’étaient qu’un prétexte à une inimitié plus grande. Je lui ai dit qu’il me semble y avoir anguille sous roche. Elle me révéla alors son explication, à savoir qu’elle était très amie avec ses voisins dont l’homme venait régulièrement lui rendre des petits services et effectuer des petits travaux. Un jour ce dernier lui avait révélé qu’il l’aimait et la voisine l’avait éconduit en lui réglant ce qu’elle lui devait. Lors de la réunion de conciliation, nous avons évoqué quatre ou cinq points litigieux pour obtenir le classique « accord sur le désaccord » puis nous en sommes venus au ressenti et la voisine a rappelé l’événement de la « déclaration d‘amour ». Le couple de demandeurs a haussé les épaules, comme si c’était faux. Du coup j’ai demandé au couple quel était l’événement qui avait fait basculer leur amitié en inimitié. Ils ont reproché à la voisine de les avoir dénoncés à la mairie car ils avaient fait construire un petit cabanon à outils sur leur terrain, sans le déclarer. En fait, la voisine ne les avait pas dénoncés mais c’était le couple qui en premier avait appelé la mairie et celle-ci avait découvert le cabanon sans que la voisine intervienne. Une fois les « vrais » problèmes évoqués, les parties ont pu rechercher des solutions et sont rapidement parvenues à un accord.
- Une personne m’a appelé pour demander un certificat de non-conciliation parce qu’elle avait tenté, un an plus tôt une conciliation avec ses voisins qui garaient en permanence leur camping-car sur la placette devant chez eux. J’ai refusé en estimant que je devais d’abord tenter une conciliation. Je me suis rendu sur place, j’ai constaté la présence du camping-car et j’ai écrit au défendeur qui n’a pas répondu. J’étais sur le point de suggérer au demandeur différents moyens pour faire valoir ses droits quand la voisine m’a répondu. J’ai alors entendu un tout autre son de cloche où j’ai eu l’impression que le demandeur passait son temps à épier la voisine et qu’il cherchait un prétexte pour en découdre. J’en ai eu confirmation quand j’ai reçu une remontrance du demandeur ayant adressé un courriel aux deux parties en révélant ainsi l’adresse du demandeur vis-à-vis du défendeur. Six mois après, la conciliation n’a pas eu lieu car le demandeur exige que les quatre voisins de la place soient présents alors que tous ne veulent pas s’immiscer dans ce conflit. J’ai appris dans ce cas-là, combien il est important de ne pas prendre parti, alors que je m‘apprêtais à jouer au sauveur.
- Une personne m’a contacté en se plaignant de son voisin dont les arbres dépassaient la limite des deux terrains. Je me suis rendu sur place et j’ai passé plus d’une heure à écouter le demandeur et à trouver le numéro de téléphone du défendeur, prétendument inconnu du demandeur mais inscrit noir sur blanc devant sa maison. Lors de la réunion de conciliation, le voisin s’est montré très conciliant en proposant diverses solutions que le demandeur a toutes refusées. J’ai pensé que c’était en partie de ma faute car j’avais intérieurement pris parti pour le voisin.
- Un père de famille propriétaire d’un appartement se plaignait d’un jeune couple vivant dans l’appartement du dessous, qui faisait du tapage nocturne. Quand j’ai téléphoné au couple, j’ai eu du mal à obtenir un accord pour une réunion de conciliation en visioconférence, mais, à force de bienveillance, j’y suis parvenu et nous avons fixé la réunion de conciliation pour le lundi suivant. Le demandeur qui m’appelait régulièrement au téléphone me demanda de repousser la réunion car il voulait d’abord se faire des alliés dans l’immeuble qui pourraient l’assister lors de la réunion. Je l’ai averti que moi-même, je refusais de repousser la réunion et que, s’il voulait le faire, il devrait trouver un autre conciliateur. Finalement la réunion eut lieu et dura plus d’une heure. Je savais que le père de famille était dans son droit mais je me gardais de le dire pour laisser au couple le soin de dire qu’ils travaillaient dur et qu’ils avaient besoin d’une fête par mois pour décompresser. Alors que la discussion tournait en rond, je surpris les deux parties en exprimant mon sentiment à un moment donné : « je trouve que vous avez tous les deux de la chance car je vous trouve clairs et respectueux. Moi-même j’aimerais avoir des voisins comme vous. ». Contrairement à mon habitude je suis intervenu dans la phase de recherche de solutions, en proposant entre autres, que les voisins du dessous fassent isoler leur plafond et que les voisins du dessus avertissent ceux du dessous quand ils partiraient vacances pour que ceux-ci puissent en profiter pour faire la fête. L’accord a été signé et les deux adversaires se sont ensuite entendus pour écrire une lettre commune au syndic pour faire un audit acoustique.
Dans tous ces cas et dans bien d’autres, ma posture est typiquement celle d’un médiateur, qui suit le déroulement décrit par la roue de Fiutak.
4.Accord de conciliation et contexte
Une fois l’accord obtenu entre les parties, celui-ci doit être mis par écrit et adressé au juge qui peut ensuite l’homologuer.
S’agissant du contexte, voici trois ombres au tableau, résultant de mon expérience :
- Rémunération : Le travail est bénévole, et il engendre des frais pour le conciliateur. Les « menues » dépenses correspondantes sont actuellement remboursées à hauteur de 464 €/an, plus les indemnités kilométriques pour les déplacements ;
- Dialogue : le dialogue avec les magistrats est inégal. Certains agissent comme s’ils ignoraient l’article 21 du code de Procédure civile : « Il entre dans la mission du juge de concilier les parties ». D’autres assument eux-mêmes cette mission particulièrement chronophage. D’autres enfin, font appel aux conciliateurs de justice pour assurer cette mission. Cette dernière voie en progression est actuellement soutenue par nombre de magistrats qui voient dans les conciliateurs de justice un moyen de désengorger les tribunaux.
- Image : Le travail des conciliateurs est trop souvent méconnu, et leur image parfois négative me fait penser à celle des éboueurs, qui traiteraient les déchets relationnels et non matériels, et qui laisseraient le travail noble aux magistrats, aux avocats et aux médiateurs.
A l’inverse, je vois six points extrêmement positifs dans le travail de conciliateur de justice :
- Utilité sociale : rarement dans un métier, j’ai reçu autant de retours positifs des personnes pour qui je travaillais. En l’occurrence les personnes en conflit me signalent qu’elles retrouvent un espoir ou qu’elles retrouvent le sommeil grâce à la conciliation ;
- Reconnaissance : dans le cadre de leur activité, les conciliateurs sont des auxiliaires de la justice. Ils reçoivent à ce titre une carte professionnelle au nom du ministère de la justice et peuvent utiliser leur titre officiel, notamment quand ils contactent le défendeur ;
- Formation : L’Ecole Nationale de magistrature propose des formations gratuites pour les conciliateurs de justice, à commencer par une formation de base d’une journée, qui est d’ailleurs une des conditions requises pour conciliateur qui souhaite obtenir son renouvellement au bout d’un an. D’autres formations gratuites sont également proposées aux conciliateurs pour des perfectionnements sur les différents aspects de leur métier.
- Autonomie : J’apprécie l’autonomie dont jouissent les conciliateurs qui pratiquent leur « art » selon leur sensibilité, sous réserve de respecter les règles de déontologie et de rendre compte au juge dont ils dépendent. Pour ma part, j’utilise des documents conçus par mes soins car ils correspondent à ma sensibilité de médiateur-conciliateur, anciennement responsable du télétravail auprès du Premier ministre. D’autres utilisent des documents sensiblement différents.
- Expérience : de nombreux médiateurs formés à grand prix pratiquent peu la médiation, car le marché solvable de la médiation est souvent préempté par les avocats-médiateurs, qui se prescrivent eux-mêmes quand des clients viennent leur faire part de leurs conflits. Ainsi, une partie significative des médiateurs perd en compétence par manque d’expérience. Personnellement, j’ai invité plusieurs collègues médiateurs à m’assister lors de réunions de conciliation difficiles, et tous en ont été satisfaits, de même que les parties.
- Solidarité : Contrairement aux médiateurs qui sont divisés entre différentes écoles concurrentes, je trouve qu’il existe une grande solidarité dans la profession de conciliateur de justice, avec des associations départementales (je suis membre de celle de l’Essonne, qui, par bonheur, m’a envoyé deux conciliateurs stagiaires susceptibles de me décharger partiellement à terme), régionales (je suis membre de l’association des conciliateurs de la Cour d’appel de Paris) et nationale qui dialoguent et s’entendent bien entre elles. J’apprécie énormément l’entre-aide qui existe entre conciliateurs et qui permet à chacun d’obtenir très facilement un renseignement en consultant le site national (on trouve par exemple les coordonnées des personnes à contacter chez les grands opérateurs téléphoniques ou d’énergie) ou en s’adressant aux autres conciliateurs du département.
Pour conclure, j’aimerais citer le slogan de l’association nationale des conciliateurs10 : Concilier pour réconcilier.
Tel est un peu le but de cet article visant à développer la connaissance réciproque et les relations entre médiateurs et conciliateurs. J’appelle aussi de mes vœux un plus grand réalisme de la Chancellerie, qui pourrait utilement autoriser et même favoriser la complémentarité entre les métiers de conciliateurs et de médiateurs, plutôt qu’à l’empêcher, à condition que les médiateurs et conciliateurs désignés par les cours d’appel le soient sur des territoires distincts, pour éviter tout risque de conflit d’intérêt.
Alain Ducass, Catalyseur de changement11, https://energeTIC.fr
Pour en savoir plus :
- Rudy Laher, une brève histoire des conciliateurs de justice (de 1978 à nos jours)12
- Alain Ducass, clin d’œil sur la conciliation de justice13
- Ministère de la justice14
- Associations nationale des conciliateurs de justice15 :
- Et si vous deveniez conciliateur ?16
1https://www.conciliateurs.fr/
2Les juges de paix avaient pour principale mission de régler les litiges de la vie quotidienne par une démarche conciliatrice
3https://www.coeuressonne.fr/votre-quotidien/vos-droits/maison-de-justice-et-du-droit.html
4https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1736
5https://energeTIC.fr
6Le décret du 19 décembre 2019 modifie l’art 750-1 du code de procédure civile, en précisant qu’à peine d'irrecevabilité que le juge peut prononcer d'office, la demande en justice doit être précédée, au choix des parties, d'une tentative de conciliation menée par un conciliateur de justice, d'une tentative de médiation ou d'une tentative de procédure participative, lorsqu'elle tend au paiement d'une somme n'excédant pas 5 000 euros ou lorsqu'elle est relative à l'une des actions mentionnées aux articles R. 211-3-4 et R. 211-3-8 du code de l'organisation judiciaire.
7Plusieurs de mes collègues éludent la phase de recherche d’accord de principe préalable ; Ils convoquent directement les deux parties à une réunion de conciliation et assez fréquemment, le défendeur ne vient pas.
8Je communique aux parties ce document conçu par mes soins et avant de commencer la conciliation proprement dite, je leur demande leur accord explicite sur ces règles en acceptant des réserves éventuelles, que je n’ai jamais eues à ce jour.
9CF « les règles de la conciliation », présentées précédemment.
10 https://conciliateurs.fr
11
12https://www.actu-juridique.fr/civil/procedure-civile/une-breve-histoire-des-conciliateurs-de-justice/
13https://www2.slideshare.net/Ducass/clindoeil-conciliation
14https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1736 et https://www.justice.fr/r%C3%A9glez-litiges-autrement/conciliation
15https://www.conciliateurs.fr/
16https://www.conciliateurs.fr/Devenez-conciliateur-de-justice
7 négociations qui ont fait l’histoire de France
L’ANM vous invite à découvrir ce livre révélateur et instructif, que Jean-Edouard Gresy et Eric le Deley viennent de publier aux éditions Fil Rouge. Savoir tirer les leçons du passé est essentiel dans un monde qui souffre d’amnésie. L’ouvrage nous rappelle l’urgence de cette démarche.
Les auteurs répondent aux questions de l’ANM.
Comment ce projet est-il né ?
J-E. Gresy : Nous cherchions depuis longtemps une manière de présenter les théories de la négociation sous une forme différente qui permettrait à la fois de revenir aux sources de la diplomatie, de présenter l’école française de la négociation tout en faisant partager à nos lecteurs notre passion pour l’histoire.
C’est ainsi qu’au fil de l’ouvrage, nous naviguons entre les grandes figures telles que Mazarin, Talleyrand, Simone Veil ou Michel Rocard, montrant à chaque fois leurs spécificités, leurs méthodes et leur talent.
E. le Deley : Nous avons voulu rendre leur lettre de noblesse à tous ces grands personnages. En effet, ils ont souvent, pour les plus anciens, été incompris voire vilipendés ou honnis et nombre d’entre eux, encore aujourd’hui trainent une réputation injuste. Par exemple, on apprend à l’école que Louis XI enfermait les prisonniers dans des cages (ce qui est faux), en oubliant de dire qu’il a sauvé la France d’une invasion anglaise uniquement en leur payant un repas (ce qui est vrai…). Catherine de Médicis était « la serpente », Mazarin avait comme surnom « le vautour », Talleyrand était « le diable boiteux », etc… alors qu’ils ont tous fait preuve d’un sens des responsabilités hors norme et, à leur manière, modelé et construit la France, bien plus efficacement que bien des généraux.
Parmi tous ces grands personnages dont vous racontez les histoires, avez-vous un ou des « préférés » ?
J-E Gresy : J’ai deux personnages qui m’ont fasciné pendant l’écriture du livre.
D’abord Michel Rocard. Le processus de paix qu’il mit en place en Nouvelle Calédonie en 1988 est exemplaire. Il comprend quatre phases : vouloir la paix, briser le tabou majeur, négocier, équilibrer. Et ces quatre étapes pensées par M. Rocard illustrent à la fois comment faire asseoir deux ennemis à la table des négociations mais aussi comment voyager à travers l’altérité pour véritablement saisir sur un temps long ce dont les parties ont besoin pour bâtir la paix.
Et puis l’autre grande figure qui m’inspire est bien évidemment Catherine de Médicis, qui passa sa vie à négocier, y compris sur son lit de mort, sans jamais se décourager, réussissant à mettre fin à huit guerres de religion successives en retissant les liens de la communauté nationale. Elle a réalisé par ailleurs plusieurs médiations remarquables.
E. le Deley : Toutes les figures de l’ouvrage sont inspirantes et elles ont chacune à leur manière, des leçons à nous enseigner.
Si je devais en retenir deux, je choisirais Simone Veil parce qu’au-delà de la figure tutélaire, il y a une négociatrice exceptionnelle qui a su, en 1974, convaincre une assemblée conservatrice et quasi-exclusivement masculine de voter une loi sur l’interruption volontaire de grossesse.
Et puis, j’ai également un faible pour Talleyrand. Le congrès de Vienne est un chef-d’œuvre de diplomatie, une formidable pièce de théâtre où le sort de la France se joue et où Talleyrand montre toute son habileté : alors que la France est vaincue, mise à l’écart et où lui-même est considéré comme un paria quand il arrive à Vienne, il va réussir, déjouant tous les pronostics, à retourner la situation, faire éclater la coalition des alliés, sauver le territoire national et assurer à l’Europe une paix durable après 25 années de conflit.
Ces figures du passé que vous décrivez permettent-elles vraiment d’apprendre à négocier ?
E. le Deley : Notre monde actuel souffre d’amnésie. Il a oublié son histoire et c’est un mal relativement récent : dans toutes les époques précédentes, tous les hommes et les femmes d’État, regardaient en permanence comment leurs prédécesseurs avaient résolu les problèmes, d’abord pour éviter de renouveler les erreurs qui avaient été commises et ensuite pour s’inspirer et imaginer de nouvelles solutions ; Il est avéré que Catherine de Médicis lisait la vie de Louis XI, que Mazarin s’inspirait de Catherine de Médicis, que Talleyrand relisait Mazarin et Richelieu pour comprendre comment négocier.
Ce que nous proposons à nos lecteurs, participe de cette logique : nous les invitons à observer les grandes négociations de l’histoire, pour s’améliorer dans leur quotidien, personnel ou professionnel.
J-E Grésy : Chaque histoire est aussi l’occasion pour nous de donner des clés de lecture sur la négociation et la médiation. Les stratégies employées sont d’intemporels enseignements qui permettront aux négociateurs d’aujourd’hui d’élargir leur répertoire de réponses pour mieux convaincre et comprendre les parties prenantes.
Chaque récit est le prétexte à une analyse en profondeur des tactiques de négociation, sur le plan des personnes, des problèmes et du processus. Par exemple, pour le chapitre sur Yalta, vous serez conforté dans l’idée qu’il est important de dissocier les problèmes des personnes, qu’il est nécessaire d’avoir un plan B, et qu’il est capital de préciser, par écrit, les accords trouvés.
Parmi les 21 principes regroupés dans votre ouvrage, quels sont ceux qui sont les plus intéressants pour un médiateur ?
J-E Grésy : Ils le sont tous ! Néanmoins, il y en a un dans le chapitre sur Michel Rocard que je trouve éclairant pour la pratique de la médiation : Reconnaître l’autre dans son altérité : si l’on considère comme Axel Honneth dans La lutte pour la reconnaissance (Gallimard, 2013) « la vie en société comme une relation fondée sur la lutte pour l’existence », la plus grande violence que l’on puisse infliger à un individu consiste tout simplement à l’ignorer. Le premier facteur d’escalade conflictuel revient ainsi à se montrer indifférent, à nier, à désavouer ou à se réjouir des expériences négatives d’injustice, des émotions de tristesse, de colère, etc., de ses interlocuteurs. Pour recréer la confiance, il s’agit donc au contraire de reconnaître la réalité de l’autre, à la fois dans la manière dont il l’exprime et dans la manière dont il la vit. C’est ce que font les médiateurs.
E. le Deley: De mon côté, je choisirais une des leçons que nous tirons du chapitre consacré à Simone Veil : Définir un objectif commun partagé : Il faut prendre chaque problème, chaque différend sous l’angle de ce qui nous rapproche, de ce qui va nous permettre de construire ensemble une relation durable. Mais cette posture n’est pas évidente, même pour un médiateur. Elle implique de bien penser à notre manière de poser et de présenter les faits pour encourager l’autre à entrer dans une démarche de partage et de construction plus que de conflit.
Eric le Deley, directeur Talent Advisory chez Lincoln
Jean-Edouard Gresy, associé fondateur d’AlterNego, association adhérente de l’ANM
Justice restaurative et médiation : la médiation restaurative
Présentation :
Étudiante à l’Université Lumière Lyon 2 dans le Master Justice, Procès et Procédures, Parcours Médiation, j’ai eu l’opportunité d’effectuer un mémoire sur le thème de la Médiation restaurative en Master 1.
Pourquoi ce choix ?
L’idée de la médiation restaurative m’est venu lors d’un cours de procédure pénale. Kamel Aissaoui, Docteur en droit et avocat au barreau de Lyon, nous a présenté pour la première fois la justice restaurative en France. Intriguée par ce thème et de nature curieuse, j’ai effectué des premières recherches, regardé des vidéos de rencontre entre détenus et victimes, analysé la place du médiateur dans cette forme de justice, peu banale.
Le sujet du mémoire m’est alors apparu évident.
Mon premier questionnement a été : comment la médiation s’insère-t-elle dans la justice restaurative ? Il s’agit là d’une des manières de pratiquer la justice restaurative, c’est la médiation restaurative.
Une fois le processus de cette médiation étudiée, mon souhait (et ma curiosité toujours) m’ont amené à comprendre pourquoi ce type de médiation, qui est pour moi essentielle dans toutes sociétés, n’était pas ou peu connue, pas ou peu appliquée ?
Problématique
C’est ainsi que mon mémoire se questionne sur les avantages de cette médiation et ses obstacles, souvent extérieurs, qui empêchent son développement en France. La comparaison avec d’autres pays comme la Belgique ou le Canada, montrent que la médiation restaurative à sa chance dans le traitement des liens sociaux entre les individus.
Le second fil directeur qui m’a beaucoup plu est la place de la victime et de l’auteur dans la médiation restaurative. Pour moi, les deux parties n’ont que des avantages à effectuer cette médiation. Toutefois, nous remarquons rapidement que les victimes sont le plus souvent les instigatrices de la médiation restaurative. En effet, les victimes sont moins aptes à accepter de l’auteur une demande de médiation restaurative, de peur de se confronter à nouveau à lui et à leurs traumatismes. Cela est parfaitement compréhensible mais il peut empêcher les auteurs d’infractions d’accéder aux avantages qu’offre la médiation restaurative s’il doit attendre que la demande provienne de la victime.
C’est pour cela que connaître les avantages que la médiation peut apporter aux victimes et aux auteurs, contrairement à une procédure pénale classique, permettrait aux victimes d’accepter plus de demandes de médiation de la part de l’auteur.
Points essentiels à retenir :
Les avantages de la médiation restaurative sont :
- D’aider l’auteur de l’infraction à comprendre la gravité de son acte en étant confronté à la victime ;
- De s’ouvrir à la parole en invitant la victime de l’infraction à dialoguer sur ses sentiments, ses difficultés, voire ses traumatismes,
- Des possibles réponses aux questions que la victime peut directement poser à l’auteur de l’infraction, ce qu’une procédure pénale classique ne peut pas permettre.
D’un point de vue judiciaire, la médiation restaurative donne accès à une justice plus personnelle car elle efface la binarité classique de la procédure pénale en permettant une forme d’intimité entre l’auteur et la victime. Mais cela donne-t-il une pleine satisfaction au préjudice de la victime ? Oui, car la réparation est double : la médiation restaurative permet une réparation matérielle mais également une réparation émotionnelle.
D’un point de vue psychologique, elle offre un allègement du traumatisme à la victime mais également à l’auteur. Elle donne un chemin possible vers l’autre et vers l’empathie.
Enfin, la perspective sociologique de la médiation restaurative montre que l’auteur en rencontrant la victime, s’intègre de nouveau à la société et permet une réduction de la récidive (30% de récidive en moins que les non participants à une médiation restaurative).
Les limites de la médiation restaurative sont, à mon grand regret, nombreux.
Les obstacles qui lui incombent est son caractère nouveau et sa temporalité. Elle demeure encore exceptionnelle et donc nouvelle aux yeux du public. De plus, la médiation restaurative doit respecter des échéances procédurales et légales et les disponibilités de parties mais aussi du médiateur.
Enfin, si la médiation restaurative se développe peu, c’est dû à 3 facteurs :
- Une lente évolution législative : la loi n’engage pas le développement depuis 2014. Elle reste donc discrète.
- Une lente évolution due au manque de promotion de la mesure : les partenaires de la justice ne promeuvent pas la médiation restaurative. Est-ce par peur, par habitude à la procédure classique ou car ils ne croient pas en la médiation de manière générale ?
- Une lente évolution due au manque de financement : très peu soutenu financièrement par les régions, le financement reste peu suffisant mais peut-être est-il est proportionnel à la pratique et à la promotion de la médiation restaurative.
La Belgique pallie le manque de promotion de la mesure car des criminologues travaillent auprès des parquets. Ils ont le rôle « attitré » de la promotion de la médiation restaurative.
Le Canada semble plus investi physiquement et financièrement dans la médiation restaurative. En effet, l’État canadien engage deux ministères à financer la mesure contre un seul en France.
Le mot de la fin
Au-delà de l’aide apportée aux parties (comme la réintégration de l’auteur ou la prise en compte du traumatisme de la victime), la médiation restaurative est essentielle pour la société. En effet, le trouble à l’ordre social est également réparé.
Si la médiation restaurative est pleine de qualité pour la société et les parties, le plus gros obstacle reste les professionnels du droit qui n’orientent pas les victimes ou auteurs vers cette médiation. En effet, c’est l’obstacle qui freine le plus le développement de la médiation restaurative car sans son utilisation par les professionnels du droit, la loi ou le financement ne peuvent pas être motivés à suivre la pratique. Cette hypothèse du lien corrélatif entre la promotion et le financement semble fondée. En effet, le Canada prouve qu’en faisant la promotion, les finances sont plus importantes et les professionnels du droit ont confiance en la médiation restaurative. Cela change donc considérablement le nombre de médiation restaurative effectuée au sein du pays. Le Canada et la Belgique nous prouvent donc que la médiation restaurative a toutes les chances de se développer.
La médiation restaurative invite également à se questionner sur d’autres sujets tels que la notion de la peine juste, la réintégration des auteurs dans la société, la récidive, sur la question d’un modèle européen ou américain de la médiation restaurative, …
En espérant que votre curiosité vous amène à lire le mémoire, je vous souhaite une agréable lecture.
Marion Pallu, étudiante en Master 2 Justice Procès et Procédures Parcours Médiation à l’Université Lumière Lyon 2.
Association Art et Thérapie : invitation à la découverte de la Médiation artistique en relation d’aide
L’association Art et Thérapie a été créée en 1981 par un psychiatre d’enfants, un cadre socio-éducatif, et trois artistes intervenant auprès de personnes en difficulté. Elle s’est d’abord consacrée à la publication d’une revue éponyme sur la création comme processus de transformation (revue toujours vivante : 127 numéros à ce jour) et l’organisation de séminaires sur l’acte de création : Centre Pompidou, EHESS, CNRS, actuellement Halle St Pierre). L’Inecat (Institut national d’expression, de création, d’art et transformation) est le département de l’association : établissement privé d’enseignement supérieur qui délivre des titres professionnels d’Art-thérapeutes et de Médiateur artistique en relation d’aide reconnus par l’Etat (Niveau 6 européen) ainsi que le certificat de coaching par les arts dont nous préparons le dossier pour qu’il soit aussi reconnu.

La médiation artistique en relation d’aide (inscription au RNCP depuis 2008) dite MARA travaille au cœur des champs du social, du médico-social, des politiques territoriales et du culturel. Elle prend appui sur le champ de l’art, elle se nourrit d’apports en anthropologie, en sociologie et plus largement en sciences humaines et sociales.
C’est à la fois un métier nouveau, une pratique et une recherche en action. Elle s’inscrit dans des secteurs aussi variés que ceux des milieux scolaires et culturels, de la justice, de la santé, le champ de la formation professionnelle ou encore celui de l’entreprise. Elle fait partie d’un projet politique du vivre ensemble.
Elle s’adresse à un groupe déjà existant ou à un groupe à constituer. Les besoins peuvent être de tout ordre : existentiel, familial, social, médico-social ou culturel. Les groupes créés peuvent être inscrits dans une institution ou sur un territoire. Ils peuvent être de taille variable, des petits groupes fermés jusqu’à des participations ponctuelles à un projet artistique en grand groupe conçu dans un contexte de médiation.
L’accent est mis sur le rapport au médium. C’est ce qui fait la spécificité du travail par rapport à d’autres référentiels proches.
Le médiateur favorise la rencontre technique, sensible et symbolique avec le médium, son apprivoisement et sa mise en forme, et ses qualités de création d’unité, de partage et de circulation, voire d’œuvre commune, quel que soit l’art : sons, voix, peinture, couleurs, formes, terre, argile, personnages, mots, gestes et postures, etc. Le médiateur propose le médium, la composition du groupe et les règles de jeu, en fonction de la demande de l’institution, des besoins identifiés du groupe à accompagner et des moyens matériels à disposition, des possibilités et des réactions du groupe et des participants. Le tout peut aboutir à une réalisation ainsi qu’à son éventuelle monstration. Le travail passe par une résolution technique concrète à partir des conflits, sur le cadre, les consignes, les défis de la réalisation plurielle. Cela suppose une connaissance des phénomènes de groupe considéré comme une entité en soi ou à créer.
Un aspect très important pour le médiateur est la restitution régulière aux commanditaires et aux personnes intéressées afin de rendre compte de la pertinence et des bienfaits de l’action : la relation au contexte, aux objectifs de la commande et des siens propres. Il s’articule avec des personnes ressources tout en restant responsable de son atelier.
Nous sommes en lien avec l’INSHEA Institut national supérieur de formation et de recherche pour l'éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés (Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation) dont fait partie de notre bureau le rédacteur en chef de La nouvelle revue Education et société inclusives avec qui nous avons réalisé plusieurs publications communes. Nous sommes de même en liens très étroits (par l’intermédiaire de notre vice-président) avec l’IRTS, Institut de Travail Social installé principalement à Montrouge. Une convention est à l’étude pour cette année.
La Médiation artistique en relation d’aide est un métier du social, du sociétal et du culturel, ce qui la distingue de l’art-thérapie (L’art-thérapie que nous avons réussi à promouvoir depuis 1973 est très différente, de l’ordre du thérapeutique qui s’adresse à chaque personne en individuel, même quand il s’agit d’un petit groupe)
Choix d’exemples de situations de Médiation artistique en relation d’aide (parmi bien d’autres) classifiées
Enfance :
- Ateliers de création plastique auprès de mineurs migrants non accompagnés ne disposant pas d’hébergement et regroupés dans un hôtel du 91, temps fédérateur et structurant pour les jeunes à travers les arts plastiques et renforcement de l’appartenance à une structure qui cohabite avec d’autres associations au sein d’un même lieu
- Travail en collaboration avec l’ADSEA service social de prévention, pour des mères de famille isolées qui rencontrent des difficultés avec leurs enfants
- Réalisation vidéo en collège privé sur le « non-harcèlement »
- Proposition de l’invention orale (car le rapport à l’écrit est problématique) à des élèves d’une classe en situation d’échec de la lecture, d’un conte qu’on prend en notes pour le restituer au groupe et en proposer des illustrations plastiques puis des jeux dramatiques
- Réalisation d’une correspondance entre une classe de CE1 et des enfants hospitalisés par le biais de créations vidéo envoyées d’un lieu à l’autre par ordinateur
- Création d’album illustré par les enfants de tous âges, sans ou avec texte, mais qui fait dans tous les cas une histoire et répond à la demande implicite d’accessibilité et de mixité
- Ateliers d’art plastique avec des collégiens des classes de 6ème à la 3ème, en situation d’exclusion temporaire de leur établissement scolaire, en mesure conservatoire ou autre situation en accord avec l’établissement et la famille : monotypes, collages, encre,…
Adolescence :
- Dans le cadre d’une Mission locale d’insertion, interventions d’une médiatrice artistique Théâtre accompagnée d’un vidéaste sur l’autoportrait vidéo de jeunes d’une vingtaine d’années déscolarisés et n’ayant jamais été dans le monde du travail
- Dans le cadre d’un dispositif de protection de l’Enfance en Danger (foyer de semi-autonomie) proposer à des grands adolescents en devenir de majorité, des temps collectifs utilisant une médiation artistique mettant en jeu, en mouvement et en lien le corps, la parole et la relation
- Jeux de rôle et créations collectives au Lycée Charles de Gaulle afin de développer la cohésion du groupe et la confiance en soi
- Ateliers théâtre à temps plein au centre Gilbert Raby d’addictologie en immersion avec un groupe de personnes
- Ateliers Relais pour adolescents de 11 à 15 ans en décrochage scolaire ayant perdu le sens des apprentissages (4 collèges publics d’Asnières)
- Chorégraphie de la violence en quartier avec délinquances et trafics de stupéfiants dans des banlieues hautement problématiques.
- Communication corporelle distanciée, en maison de quartier, avec des adolescents de l’Aide Sociale à l’Enfance, désarrimés dans la provocation. Les consignes pour rétablir une communication sont au nombre de trois : ne pas échanger de regard source d’affrontement, ne pas prononcer de paroles, établir des échanges par un mimétisme gestuel légèrement décalé par le médiateur artistique jusqu’à former une sorte de chorégraphie dans laquelle la violence arrive à être simulée plutôt qu’agie. Il s’agit de favoriser l’accès à la symbolisation qui rétablit un lien commun constructif
- Inventions d’histoires violentes pour un « scénario Télé » avec un groupe d’adolescents exclus d’un collège de banlieue pour violences verbales et physiques
Social :
- Des rencontres sont proposées à des populations en conflits, en France ou dans le cadre d’OING : Réfugiés et autochtones ; islamophobes et musulmans ; Turcs et Kurdes ; Palestiniens et Israéliens ; Coréens, Chinois et Japonais ; enfants et petits-enfants de juifs déportés et enfants et petits-enfants de nazis. Les propositions sont de théâtralisation des préjugés sur les autres, les affrontements d’identités à travers leur mise en scène du Théâtre Playback (Healing the Wounds of History
- Proposition en maison d’arrêt, de réaliser des films en stop motion (animation de photos de figurines d’argile en poses successives), afin d’introduire métaphoriquement du mouvement dans un monde institutionnel figé et de favoriser d’autre part une médiation avec les familles étonnées lors d’une présentation publique des résultats
- Création collective d'après « La Tempête » de W. Shakespeare avec des résidents du Centre de la Cimade et d'autres habitants de Massy, pour la Journée Mondiale des Réfugiés, ou ateliers théâtre avec un groupe d’enfants de Grigny et Viry-Châtillon dans le cadre des actions « Rompre avec l'isolement, favoriser l'insertion sociale » du Conseil départemental de l'Essonne aboutissant aux représentations de « Histoire d'un Petit Prince », dans des MJC et Centres sociaux (Compagnie Arti-Zanat’)
- Mise en place d’ateliers créatifs pour réaliser des créations mettant en relation des personnes de différents foyers urbains avec des personnes de foyers ruraux, le tout sur le site d’une ferme pédagogique (ADAPEI de la Sarthe)
- Contrats de théâtre et contes avec la Croix-Rouge (Sessad), le CRP Vivre (centre de réadaptation professionnelle), la Maison de la solidarité de Gennevilliers/ Fondation Abbé Pierre et l’association Bleu soleil
- Développement d’ateliers de MA par les arts plastiques afin d’offrir un temps pour soi aux bénéficiaires des Restaurants du cœur de Bagneux
- Atelier corporel avec des femmes en recherche d'emploi, en rupture sociale et avec des situations familiales compliquées
- Réalisations de carnets de voyage avec des femmes et hommes très éloignés-es de l’emploi et en difficulté de parcours avec désocialisation totale, traumatismes émotionnels forts ou dus à des ruptures familiales
- Ateliers de création plastique auprès de femmes en précarité suite à l’exclusion et à l’isolement relogées dans une résidence de l'association Habitat Et Humanisme dans le 78, afin de créer un temps fédérateur et structurant à travers les arts plastiques et renforcer la recréation de liens sociaux, l’insertion et l’autonomie
- Travail de médiatrice artistique en relation d’aide et assistante de direction du projet Figure libre/Tanz Theater Social Project par la compagnie DCA/Philippe Découflé aux côtés de l’artiste chorégraphique Meritxell Checa Esteban pour accompagner les usagers des Groupes d’Entraide Mutuelle (GEM) de St Denis et d’Epinay-sur-Seine (personnes atteintes de troubles cognitifs et en rupture de lien social) dans la re-création du lien social par l’intermédiaire du médium danse (projet a été financé en 2019-2020 par le Département de la Seine-Saint-Denis)
- Réalisation d’une mosaïque suivie d’exposition avec des femmes SDF à Séoul (Corée du Sud)
- Proposition de création vidéo dans le cadre d’une association anglaise Art Refuge qui travaille avec des personnes déplacées à Calais et Paris en lien avec le Secours catholique et Médecins du Monde
- Théâtre à la Cimade avec les demandeurs d’asile
- Réalisation d’une œuvre chorégraphique commune avec des familles (parents/ enfants) en grande difficulté (ZEP)
- Rétablissement du lien social entre les résidents d’un EHPAD par une médiation théâtre
- Atelier contes pour personnes âgées dépendantes
- Création et développement d’un atelier d’écriture en EHPAD à partir de thèmes (l’automne, le bonheur)
- Atelier théâtre intergénérationnel visant à créer du lien entre séniors et étudiants (Association PARIS SOLIDAIRE)
- Atelier hebdomadaire d’improvisations théâtrales. Elaboration d’un spectacle dans un EHPAD de Paris 19
- Ateliers chant suite à la demande de retraités récents souhaitant participer à un groupe interrelationnel
Psy :
- Mise en mouvement en binôme puis en groupe à partir de la réception (vidéos, reproductions de tableaux, lectures) d’une œuvre plastique, dansée, théâtrale ou d’un thème, dans un service de psychiatrie d’adultes pour favoriser des interactions entre malades
Aide aux aidants :
- Découverte du modelage sur argile dans le cadre d’un projet ’Halte Répit’ proposé aux aidants d’AYDA (action yvelinoise au développement de l’aide aux aidants)
- Le CE du CNRS de Thiais a commandé la mise en place d’ateliers avec l’objectif d’inciter son personnel à prendre une pause durant la journée de travail
Handicaps :
- Ateliers argile dans le cadre de la Fondation John Bost en vue d’une possible réinsertion ou réhabilitation psychosociale pour les personnes handicapées
- Réalisation d’un projet photos dans une institution accueillant des personnes handicapées lors de travaux de rénovation conséquents de leur lieu de vie
Nos formations durent de 18 mois à trois ans. Elles peuvent être prises en charge par des organismes financeurs : Pôle Emploi, Afdas, Fongecif, etc., et Employeurs. Nous proposons aussi des formations courtes et des sensibilisations dans tous les arts : plastiques, sonores, gestuels et dansés, théâtraux, littéraires, etc., prodigués par des spécialistes, ainsi que des cours de sociologie, de phénomènes de groupe, de phénoménologie, de psychanalyse, de conceptualisations de la médiation artistique en relation d’aide, d’art-thérapie, d’anthopologie de l‘art, etc. Possibilités de formation en distanciel.
Jean-Pierre Klein, Président de l’association Art et Thérapie, association adhérente de l’ANM, Directeur de l’Institut national d’expression, de création, d’art et transformation INECAT.
Siège social et lieu principal des formations : Inecat 27 rue Boyer 75020 Paris
Faculté de Droit Julie-Victoire Daubié, Université Lumière Lyon 2
La Faculté de Droit Julie-Victoire Daubié œuvre au développement de l’enseignement et de la formation en matière de modes amiables des règlements des litiges et des conflits depuis plus de 20 ans. Cela se concrétise par une offre de formation peu commune, allant d’un Master à des formations courtes professionnalisantes comme le Diplôme d’Université Médiation.

Le Master Justice, Procès, Procédures parcours Médiation prépare des étudiants, venus d’horizon différents (droit, psychologie, sociologie, AES), à la maîtrise des modes amiables de règlement des conflits et tout particulièrement la médiation. Consciente de l’évolution constante des manières de réguler les litiges et les conflits qui se dirigent de plus en plus vers d’autres voies que celles juridictionnelles, le Master souhaite, depuis sa création par Jean-Pierre Bonafé-Schmitt, former des spécialistes des modes amiables et de l’ingénierie de la médiation, capables de développer des projets de médiation (instances, promotion, conseil), d’accompagner les évolutions juridiques sur ces questions, tout en étant capables d’être des acteurs de ces modes amiables. C’est pourquoi la formation de Master allie constamment enseignements théoriques et mise en pratique, avec l’intervention conjointe d’universitaires travaillant sur ces questions et la mobilisation de professionnels de la médiation. Depuis 2020, le Master bénéficie également d’une convention de double diplomation avec l’Université de Sherbrooke (Canada). Cette convention permet aux étudiants français et québécois d'obtenir, à la suite d'un séjour d’études au Canada, le Master Justice, Procès, Procédures, Parcours Médiation de la Faculté de Droit Julie-Victoire Daubié de l'Université Lumière Lyon 2 et la Maîtrise en Prévention et Règlement des Différends de la Faculté de droit de l'Université de Sherbrooke. Dans une logique de professionnalisation, le diplôme offre enfin la possibilité aux étudiants de réaliser, à l’issue de la formation, un stage de longue durée dans des activités et des domaines en lien avec la gestion amiable des conflits et la médiation.
Parallèlement, la Faculté de droit Julie-Victoire Daubié de l’Université Lyon 2 propose un Diplôme universitaire de Médiation, destiné à des professionnels souhaitant se former aux fondamentaux de la médiation. Il s’agit d’un cursus de 18 mois adapté au rythme de personnes en activité (les cours se déroulant le vendredi et le samedi matin). La formation se réalise avec la participation forte de professionnels de la médiation et possède une dimension pratique très affirmée.
Pour mettre en place cette offre de formation, la Faculté de droit Julie-Victoire Daubié a noué il y a plusieurs années un partenariat avec l’Association Nationale des Médiateurs. Cette collaboration pédagogique et scientifique permet à la Faculté de droit Julie-Victoire Daubié de profiter du savoir-faire et de l’expérience des médiateurs, membres de l’ANM qui interviennent régulièrement dans des formations au sein du DU ou du Master. Elle a également donné lieu à l’organisation en 2019 d’une journée d’études sur la justice restaurative. Les actes de cette journée ont été publiés en 2020 sous le titre La justice restaurative en France et en Europe, aux éditions Médias & Médiations.
Ainsi, la Faculté de droit Julie-Victoire Daubié constitue un pôle remarquable et unique en France dans le domaine de la formation à la médiation, par sa cohérence et la diversité de son offre.
Pour en savoir plus sur cette offre de formation, cliquez ici
Adrien Bascoulergue, Responsable pédagogique du Master Justice, Procès, Procédures - Médiation
Responsable pédagogique du DU médiation
Institut des sciences de la famille, Université catholique de Lyon
Fondée en 1875, l’Université Catholique de Lyon, l’UCLy, est un établissement privé d’enseignement supérieur et de recherche, à but non lucratif. Elle est reconnue d’utilité publique et labellisée Établissement d’Enseignement Supérieur Privé d’Intérêt Général (EESPIG).
Située sur 3 campus au cœur des villes de Lyon et d’Annecy, elle propose 57 parcours diplômants aux normes européennes, au sein de ses 6 pôles facultaires et 5 écoles d’enseignement supérieur. Chaque année, elle accueille 11 500 étudiants et auditeurs libres, dont 2 600 étudiants étrangers. Ouverte sur l’internationale, elle compte 294 universités partenaires dans 61 pays.
Très attentive aux évolutions du monde, l’UCLy veut aujourd’hui apporter une réflexion éthique et donner du sens à la transformation de notre société mondialisée.

Créé en 1974 par Emma Gounot, avocate, docteure en droit, ancienne doyenne de la faculté de droit de l’UCLy, l’Institut des Sciences de la Famille (ISF) perpétue l’engagement de sa créatrice dans la protection de l’enfance et des familles au sein du pôle sciences juridiques, politiques et sociales de l’UCLy. L’ISF contribue ainsi notamment au développement de la médiation familiale depuis 1991. Il a assuré les premières formations pluridisciplinaires depuis cette date bien avant même la création du Diplôme d’Etat de Médiateur familial en 2003. Ses formations sont toujours pluri, transdisciplinaires et font intervenir des professionnels de l’Europe francophone.
En ce qui concerne la formation au Diplôme d’Etat de Médiateur familial, qui se déroule chaque année, l’objectif est de former de futurs médiateurs familiaux à la pratique professionnelle avec un solide bagage universitaire traversant tous les courants actuels de la médiation familiale en Europe. Ce cursus se déroule sur deux années universitaires par regroupement mensuel de 4 journées, et se valide par une soutenance devant un jury indépendant de notre Université, lui aussi pluridisciplinaire sous l’autorité de la DRJSCS (Direction Régionale Jeunesse et Sport et Cohésion Sociale).
Par ailleurs, l’ISF propose des diplômes universitaires d’Éducation à la vie, de Conseiller conjugal et familial avec une approche psychanalytique, psychodynamique et systémique.
Sont proposés également un Master 1 et 2 Droits de l’enfant et des personnes vulnérables." Ces formations sont en plein développement, des étudiants de la France entière s’inscrivant préférentiellement dans cette filière.
L’ISF a également eu l’opportunité d’ouvrir des Certificats universitaires formant à la médiation et aux pratiques restauratives afin de participer à une démarche de résolution des conflits par la réparation et la rencontre à l’autre.
Fort de ces valeurs de bienveillance et d’ouverture à l’autre, et pouvant compter sur une solide équipe d’universitaires et de praticiens, l’ISF a développé des liens de confiance avec de précieux partenaires, tels que l’ANM. Ainsi a pu se tenir la journée d’étude du 22 mai 2019 sur la Justice Restaurative en France et en Europe, grâce à un solide partenariat ANM-Lyon 2-ISF. Gageons que ce partenariat continue dans les années à venir, avec une implication toujours plus riche dans nos formations, notamment sur la Justice restaurative.
Stessy Tetard, Co-directrice du Master Droit de l’enfant et des personnes vulnérables et Véronique Boullu, Directrice pédagogique du Diplôme d’Etat Médiation familiale, pour l’ISF.
La Fédération genevoise MédiationS, l’art de fédérer les médiatrices et médiateurs genevois
L’ANM par l’action de son président Didier MORFOISSE a acté l’adhésion de la Fédération Genevoise MédiationS FGeM s’ouvrant ainsi à la Genève internationale.
Henri Ford disait : « Se réunir est un début, rester ensemble est un progrès, travailler ensemble est la réussite. » Et c’est précisément ce que nous avons fait ensemble le 28 novembre 2019, juste avant que la pandémie paralyse nos actions, en organisant à Genève le « Regards croisés de deux procureurs généraux : Médiation pénale et justice restaurative »
Les nombreux participants dont plusieurs juges, avocats·tes, médiateurs·trices, avant de partager ensemble un buffet convivial et propice aux échanges, ont écouté avec intérêt les échanges entre Jacques DALLEST, procureur général près la cour d’appel de Grenoble, et le procureur général genevois Olivier JORNOT.

Bref, vous l’avez bien compris, l’objectif principal de la FGeM est de ‘fédérer’ autour de la médiation en essayant autant que faire se peut de rassembler la nébuleuse d’associations et de médiateurs.trices de tous niveaux et de tous horizons.
L’activité propre actuelle de notre fédération n’est pas tant d’organiser ou de faire des médiations, mais plutôt de travailler pour que le langage du médiateur soit audible et, surtout, entendu du justiciable.
Ce qui me tient personnellement à cœur est d’œuvrer afin que « le réflexe à la médiation » devienne dans la prochaine décennie un automatisme dans l’esprit de chaque citoyen dès lors qu’il est confronté à un conflit ou à un litige.
Notre action fédératrice a été remarquée, un projet de loi a été voté à l’unanimité par notre Conseil d’Etat le 13 janvier dernier et est en ce moment à l’étude de la Commission juridique du Grand Conseil, (pouvoir législatif de la République et Canton de Genève). La FGeM y est citée pour organiser la future ‘permanence de la médiation’ qui sera installée au cœur du Palais de Justice.
Gageons que ce projet de loi PL 12854 puisse être adopté sans trop de modifications, bien que son contenu soit audacieux en contraignant nos magistrats à une formation continue sur la médiation et en prévoyant des sanctions envers les avocats dès lors qu’ils auront négligé, avant d’introduire toute procédure, de proposer à leurs clients de passer d’abord par la case ‘médiation’. En tout état de cause, voici une loi qui pourrait servir d’exemple et d’appui aux législateurs des autres cantons suisses et peut-être à ceux d’autres Etats européens.
Le comité de la FGeM est très heureux de se compter désormais parmi les membres de l’ANM tant le dynamisme de votre association a traversé les frontières et que les présidents s’entendent sur les actions à réaliser dans le futur pour réaliser une synergie qui sera profitable à tous. Tant pour les médiateurs.trices que pour nos concitoyens.
J’aurai l’occasion de préciser dans de futurs articles plusieurs de nos actions, mais le trop étant l’ennemi du bien, je m’arrête ici non sans saluer tous les membres de l’ANM, qui peuvent s’abonner gratuitement à notre newsletter, et plus particulièrement son dynamique président et son conseil d’administration.
Georges Gherardi, président de la FGeM, Association adhérente de l’ANM