ANM - Association nationale des médiateurs



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Médiation de la consommation

Semaine de la médiation

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23 mai 2023

Colloque : "L'art de pacifier nos conflits"

Suite à la publication de notre ouvrage collectif "l'art de pacifier nos conflits", venez rencontrer en colloque quelques spécialistes de conflits, négociation et médiation. Une équipe de sociologues, psychologues, anthropologues, juristes et philosophes se penche ici sur les manières infinies d'appréhender les rapports sociaux, qu'il leur faut sans cesse revisiter, réviser, voire à repenser de sorte que l'art de pacifier nos conflits réponde aux multiples défis, en ce début du XXIe siècle.

Inscrivez-vous vite, avant le 30 mai, à l'adresse suivante : colloque.artpacifierconflits@gmail.com

Au plaisir de vous y voir nombreux venir débattre ensemble des enjeux politique et social des MARD, et de la médiation en particulier.

20 mai 2023

Notre catalogue de formations

Notre catalogue de formations à venir

Dernière place disponible !
Blanche DE NOYELLE AVRAMESCO, Mises en situation pratiques - MEDIATION FAMILIALE
en visioconférence

Le mardi 30 mai 2023, de 09h à 12h30

Cette formation est proposée au tarif adhérent à 100€

Cette formation vous entraîne à conduire un processus de médiation familiale.
Elle a pour objectif de vous aider à consolider votre connaissance des outils et techniques de communication utilisés en médiation familiale. Vous pourrez ainsi renforcer votre posture de professionnel des situations familiales conflictuelles.


Sylvie ALLONNEAU, Médiateur CNV : la communication non violente au service du processus
en visioconférence

Le vendredi 9 juin 2023, de 09h à 17h


Léonore COUSIN, Les personnalités dites difficiles en médiation
en visioconférence

Le vendredi 20 juin 2023, de 09h à 17h


Céline KAPRAL, Médiation inter et intra entreprises
en visioconférence

Les lundi 26 et mardi 27 juin, de 09h à 17h


Céline KAPRAL, La médiation au service de la RSE
en visioconférence

Lelundi 3 juillet 2023, de 09h à 17h





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Nos nouveaux groupes d'Analyse de Pratiques (AP) :


Jean-Édouard ROBIOU DU PONT
Analyse de pratiques 2023 - Spécialisée dans les situations de médiation collective 

3 demi-journées en visioconférence de 3h30 chacune :

- 9 juin, de 9h à 12h30,
- 22 septembre, de 9h à 12h30
- 17 novembre, de 14h à 17h30

Pour les personnes intéressées par un groupe d'AP, merci de prendre contact avec l'ANM à l'adresse contact@anm-mediation.com

18 mai 2023

La médiation : un puissant outil historique au service de la régulation social

Au cours de l'histoire, le principe de médiation de conflits a été présent dans différentes sociétés comme un dispositif équitable de résolution des différends pour favoriser un dialogue équilibré entre les parties impliquées dans une dispute, sans rechercher un gagnant ni un perdant. À titre d'exemple, dans  l'Antiquité classique, on retrouve une forme d'expression de la médiation dans la maïeutique grecque, dont la méthodologie consistait à poser des questions aux individus afin de rechercher une réflexion sur soi et sur les relations au sein d'un contexte social, ce qui pouvait avoir comme conséquence l'amélioration des interactions collectives. En outre, dans l'époque médiévale, on retrouve plusieurs régistres qui indiquent que les justiciables étaient plus susceptibles de conclure des accords entre eux au lieu de recourir à une instance supérieur pour régler leurs conflits1. Par ailleurs, le mot « médiateur » révèle son ancienneté dans la langue française en apparaissant dans le recueil publié en 15712, intitulé Les Épithètes, par Maurice De La Porte, comme adjectif pour qualifier un personnage qui peut être « propice, favorable, débonnaire, pacifique, subtil, accordant, enfant de paix ». Il est possible donc de conclure que la médiation sert d'outil de pacification sociale depuis longtemps.

Le principe s'est affiné au fil des siècles pour aboutir à une forme plus standardisée, devenant ainsi la médiation que l'on connaît aujourd'hui une procédure structurée et cadrée, avec des techniques spécifiques et menée par des professionnels spécialisés. En effet, le droit, comme garant de l'ordre social de l'État, a reconnu formellement le recours à la médiation pour régler les conflits et litiges entre les individus à l'amiable. En France, l'article 21 de la Loi n° 95-125 du 8 février 1995 relative à l'organisation des juridictions et à la procédure civile, pénale et administrative définit la médiation comme « tout processus structuré, quelle qu'en soit la dénomination, par lequel deux ou plusieurs parties tentent de parvenir à un accord en vue de la résolution amiable de leurs différends, avec l'aide d'un tiers, le médiateur, choisi par elles ou désigné, avec leur accord, par le juge saisi du litige ». Cette rédaction révèle un effort du législateur de disposer la médiation en tant que processus structuré et l'amener à un cadre juridique plus défini, placé à côté de l'instance judiciaire comme un mode de résolution des litiges.

Ce phénomène de codification et d'encadrement juridique de la médiation s'est accentué en France et en Europe surtout au cours des vingt dernières années, dans la mesure où il a été reconnu son importance et son efficacité pour le renouement des liens et aussi le désengorgement du système judiciaire. Le médiateur agit donc en séparant les parties antagonistes d'un conflit, évitant ainsi d'éventuelles situations de violence et favorisant la communication en faveur d'une solution unifiée et bénéfique pour les personnes impliquées.

De surcroît, la médiation peut être utilisée comme un outil puissant pour pacifier les relations dans de multiples domaines, allant des conflits familiaux aux conflits de consommation entre commerçants et consommateurs. Il est vrai qu'avec l'avènement du capitalisme ajouté à la mondialisation, la circulation des marchandises a connu un dynamisme et une fluidité jamais vus auparavant et les relations commerciales se sont complexifiées, étant plus propices à l'émergence de conflits.

La médiation de la consommation s'est montrée efficace pour régler des litiges surgis entre les parties dans une relation contractuelle concernant des ventes ou prestations, dans la mesure où elle facilite les échanges et peut permettre aux parties de maintenir les relations commerciales qui durent dans le temps et/ou faire des nouvelles affaires. Ces bénéfices peuvent être perçus concrètement et depuis le 1er janvier 2016, le Code de la Consommation, oblige les commerçants et professionnels de services aux particuliers de proposer le recours à la médiation.

À titre d'exemple, depuis 2015 à Lyon, l'Association Nationale des Médiateurs assure sa présence à la Foire de Lyon, le plus grand événement de commerce de la ville, qui réunit des centaines d'exposants et des milliers de visiteurs. Dans cette foire, des contrats sont conclus avec beaucoup de dynamisme et de rapidité, ce qui peut créer parfois des conflits entre les professionnels et les acheteurs. L'expérience avec les médiateurs se montre très efficace et des conflits surgis au sein de l'événement sont souvent réglés rapidement avec l'intervention des médiateurs bénévoles.

Concernant la figure du médiateur, ladite loi d'organisation des juridictions, dans son article 21-2 dispose que le professionnel doit « accomplir sa mission avec impartialité, compétence, indépendance et diligence ». Ces fondements, en plus de la neutralité, ont été incorporés dans le code déontologique contemporain de la médiation en tant que caractéristiques impérieuses pour offrir aux médiés un espace sécurisé, facilitateur pour le dialogue et fertile pour la recherche de solutions. Il a été reconnu que le médiateur doit agir comme un véritable tiers facilitateur, sans prendre parti et sans émettre ses propres jugements, afin que l'équilibre entre les parties soit respecté. Si ce n'est pas le cas, le médiateur risque de perdre la confiance des parties en la procédure et la médiation reste un « compromis instable ».

3

En guise de conclusion, il est possible de voir que si la médiation s'inscrit dans une histoire multiséculaire, elle reste néanmoins vivace aujourd'hui et apparaît comme une solution moderne face à la complexification des litiges et à leur multiplication. En tant que mode de résolution de conflit émanant des parties elles-mêmes, elle peut assurer pleinement son rôle de pacification des relations sociales et sa généralisation aujourd'hui semble inéluctable comme le démontre le récent mouvement de codification législative.

Victoria Carolina Lima, coordinatrice 2023 du stand médiation ANM Foire de Lyon
Gaëlle Walker, Référente ANM

 


1VIAUT Laura, « Les modes alternatifs de règlement des conflits, un retour au Moyen Âge ? » URL https://www.actu-juridique.fr/international/arbitrage-marl/313577-revision-v1/>

2PRUVOST Jean, « Du « moyenneur » ou « médiateur » à la « médiation », sous ses diverses facettes lexicographiques », Éla. Études de linguistique appliquée, 2016/1 (N° 181), p. 5-10. DOI : 10.3917/ela.181.0005. URL : https://www.cairn.info/revue-ela-2016-1-page-5.htm,

3TOURRILHES Catherine, « La médiation, innovation sociale ou nouveau mode de régulation ? Vers des espaces tiers de socialisation », Pensée plurielle, 2008/2 (n° 18), p. 109-120. DOI : 10.3917/pp.018.0109. URL : https://www.cairn.info/revue-pensee-plurielle-2008-2-page-109.htm.

 

Références

CHARRETON Pierre, « Le médiateur face à l'obligation de neutralité », sur Village Justice URL : https://www.village-justice.com/articles/mediateur-face-obligation-neutralite,44556.html

LASCOUX Jean-Louis, Et tu deviendras médiateur et peut-être philosophe, Médiateurs Éditeurs, 2008.

PRUVOST Jean, « Du « moyenneur » ou « médiateur » à la « médiation », sous ses diverses facettes lexicographiques », Éla. Études de linguistique appliquée, 2016/1 (N° 181), p. 5-10. DOI : 10.3917/ela.181.0005. URL : https://www.cairn.info/revue-ela-2016-1-page-5.htm.

TOURRILHES Catherine, « La médiation, innovation sociale ou nouveau mode de régulation ? Vers des espaces tiers de socialisation », Pensée plurielle, 2008/2 (n° 18), p. 109-120. DOI : 10.3917/pp.018.0109. URL : https://www.cairn.info/revue-pensee-plurielle-2008-2-page-109.htm.

VIAUT Laura, « Les modes alternatifs de règlement des conflits, un retour au Moyen Âge ? » URL : https://www.actu-juridique.fr/international/arbitrage-marl/313577-revision-v1/ 

1er mai 2023

Une opportunité pour assister à ses premières médiations

Vous êtes en formation de médiation ou récemment diplômé et adhérent de l'ANM, vous pouvez accompagner des médiateurs Seniors, en tant que médiateur Junior, à des médiations du voisinage en région parisienne. Cette expérience vous permettra de développer votre écoute ainsi que votre pratique de médiateur.

Nous attirons votre attention sur le fait que ces médiations se déroulent uniquement en région parisienne, la semaine et parfois le samedi. Nous vous demandons de pouvoir être relativement disponible pour assurer ses missions.

Pour être inscrit sur la liste des médiateurs Juniors, vous devez être à jour de votre adhésion à l'ANM et déposer dans votre espace adhérent (Onglet Espace privé puis Profil) les documents suivants :

  • CV
  • Renseigner votre "Cursus de formation"

Vous devez en outre envoyer une lettre de motivation à la Commission Habitat qui jugera de la recevabilité de votre demande à l'adresse mail suivante : commission-habitat@anm-mediation.com.

Ces expériences de médiations Junior sont un préalable nécessaire avant de pouvoir intégrer éventuellement l'équipe de médiateurs du voisinage, sous conditions de places disponibles et de l'approbation de la Commission Habitat de l'ANM.
Nous attirons votre attention sur le fait qu'être junior est une opportunité de pouvoir assister à une médiation et qu'il n'y a aucun automatisme à passer de Junior à Senior.
En effet, les places de médiateur Senior sont limitées et soumises à la validation de la Commission Habitat de l'ANM.

La participation aux médiations du voisinage, en tant que médiateur Junior, n'est pas rémunérée.

9 avril 2023

Votre inscription pour les Cours d'appel, nos Labélisations et la Qualification M21

L'ANM propose, à ses adhérents à jour de cotisation, de pouvoir candidater pour

  1. - Être inscrit sur la liste de l' ANM pour le renouvellement des listes de médiateurs dans les Cours d'appel, (civil, commercial, social). La date limite de prise en compte des demandes par l'ANM est le 5 mai 2023;
  2. - Être référencé par l'ANM comme médiateur “médiation administrative”
  3. - Obtenir la qualification “Médiateur Médiation 21
  4. - Demander votre inscription à l'annuaire de l'ANM, gage de qualité. Les personnes souhaitant s'inscrire sur les listes ANM des Cours d'appel et demander la qualification Médiation21, devront préalablement solliciter leur inscription dans l'annuaire de l'ANM (les moyens nécessaires à un traitement rapide des demandes sont mis en place).

A l'avenir, l'ANM donnera de la visibilité à tous ses adhérents. Ils figureront tous sur la carte ANM avec les éventuelles précisions suivantes :

  • Médiateur labelisé ANM (dans l'annuaire)
  • Médiateur administratif
  • Médiateurs qualifiés Médiation 21

Les actions à faire :

Pour être inscrit à l'une ou plusieurs de ces spécialités, il est nécessaire de répondre à certaines conditions de fond concernant votre parcours de formation. Toutes les actions que vous devez réaliser se font sur notre site Internet ANM -> votre espace adhérent -> Profil.

Votre espace adhérent permet à l'ANM d'accueillir vos demandes. Les demandes se feront uniquement à partir de cette espace, via le site de l'ANM.

Pour ce qui concerne l'inscription sur les listes ANM des Cours d'appel, les candidatures devront nous parvenir au plus tard le 5 mai 2023.

Seules les candidatures déposées avec l'ensemble des justificatifs exigés par la ou les Cours d'appel considérées, pourront être prises en compte pour les adhérents de l'ANM, à jour de leur cotisation au plus tard le 15 avril.

Notice pour accéder et compléter son Profil ANM Cliquer sur ce lien pour consulter la notice afin accéder et compléter son Profil ANM Notice pour remplir son Cursus de formation Cliquer sur ce lien pour consulter la notice afin de remplir son Cursus de formation
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La Lettre n°15
« All we are saying is give peace a chance »

Dialogues

Il y a 50 ans, en pleine guerre du Vietnam, John Lennon lançait cet appel au monde. Le 4 mars, 150 radios ont rediffusé cet appel à travers l'Europe, en témoignage de solidarité avec l'Ukraine. Comment croire que cette injonction ne restera pas lettre morte une fois encore ? Ce ne sont que des paroles de chanson, après tout, des souffles de voix qui s'évanouissent aussitôt qu'ils ont été proférés.

Accéder à la Lettre
2 mai 2022
Retours aléatoires sur la Lettre…
Retour sur une expérience riche en enseignements : la médiation de voisinage

En 2017, l'Association Nationale des Médiateurs (ANM) a remporté un appel d'offres initié par l'organisme de logements sociaux, Paris Habitat, en vue de mener des médiations de voisinage auprès des locataires parisiens du bailleur.

Dans un précédent article, paru dans la lettre n°09 d'avril 2019, nous avions eu l'occasion d'évoquer les termes de ce partenariat circonscrit aux 230 000 logements situés dans Paris intra-muros. Fin février 2021, après quelque deux cent soixante-treize dossiers traités, ce partenariat, prévu pour trois ans, est arrivé à son terme.

Ces quatre années, de juin 2017 à février 2021, ont été pour l'ANM et ses médiateurs un formidable creuset d'expériences et d'apprentissages, que nous souhaitons évoquer ici.

Mais, tout d'abord, rappelons brièvement le cadre de cette collaboration.

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9 avril 2021
Formations

Prochaines formations


MISES EN SITUATION PRATIQUES - MEDIATION FAMILIALE

Formateur(s) : Blanche DE NOYELLE AVRAMESCO

Médiateur CNV : la communication non violente au service du processus

Formateur(s) : Sylvie ALLONNEAU

Les personnalités dites difficiles en médiation

Formateur(s) : Léonore COUSIN

MEDIATIONS INTER ET INTRA ENTREPRISES

Formateur(s) : Céline KAPRAL

La médiation au service de la RSE

Formateur(s) : Céline KAPRAL

DEVELOPPEZ VOTRE INTELLIGENCE EMOTIONNELLE / à distance

Formateur(s) : Sylvie ALLONNEAU

Chers adhérentes, chers adhérents,

Vous n'avez pas pu adhérer au Pack ou vous avez besoin de suivre d'avantage de formation, nous vous proposons si vous suivez au moins 3 jours de formation d'ici la fin de l'année 2022 nous vous offrons la possibilité de paiement échelonnés par prélèvement automatique à la fréquence de votre choix (le dernier paiement devra intervenir avant la fin de l'année).

L'ANM vous propose des Formations à distance.
Et une formation en présentielle à Paris, en cliquant sur ce lien


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Nos offres d'Analyse de la Pratique (AP)  :
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Nos formations passées :
Nous pouvons reprogrammer, sous réserve d'un nombre de participants suffisant, nos formations ayant déjà eu lieux :

  • Bâtir une stratégie commerciale efficace pour développer son activité de médiation par Dominique HIBON. -> Consulter le programme. Formation en présentiel, sur Paris.

  • L'ANC, une approche innovante de l'Etre Humain et de son Environnement par Marie-Anne SAULE. -> Consulter le programme. Formation en présentiel, sur Lyon.


  • MODULE ANALYSE DE PRATIQUE EN MEDIATION ADMINISTRATIVE par Laure SINGLA.

  • Comment passer des techniques à l'art de la médiation ? par VALLIÈRES Céline.





  • La médiation au service du dialogue social en entreprise par Aurelie MARLOIE et Améline MOREAU. -> Consulter le programme.

  • MEDIATION DE LA CONSOMMATION : Son droit et sa conduite par Catherine LELOUCH-KAMMOUN, Danièle AGUANNO-PROMONET et Georges POTRIQUET. -> Consulter le programme.


  • LA PRATIQUE DE LA COMEDIATION par Léonore COUSIN.

  • L'EMOTION EST UN PROCESSUS par Jean-édouard ROBIOU DU PONT.

  • ENTRE ANTAGONISME ET COLLABORATION par Linda BÉRUBÉ, depuis le Québec.


  • INITIATION A LA MEDIATION A L'USAGE DES PROFESSIONNELS DE JUSTICE (Magistrats - Greffiers - Avocats -Huissiers - Experts) par Nicole BERNARD, Catherine EMMANUEL, Didier MORFOISSE, Gabrielle PLANÈS et Laure SINGLA.

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Textes de référence
27 mai 2023
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Actualités

Référentiel de sélection des médiateurs à l'usage des juridictions administratives

Souhaitant s'assurer des qualités professionnelles des médiateurs désignés par les juridictions administratives, le Conseil d'Etat a réuni un groupe de travail pour réfléchir aux critères de sélection des médiateurs intervenant dans les litiges publics.

L'ANM a été représentée au sein de ce groupe de réflexion par Bertrand Maréchaux et Elsa Costa.

Trois orientations ont été retenues:

  • Le médiateur administratif doit avoir reçu une formation à la médiation. Le Conseil d'État dresse une liste non exhaustive des principales formations à la médiation.
  • Le médiateur administratif doit avoir une connaissance ou, du moins, être familier des spécificités du contentieux administratif. Cela implique une expérience en matière administrative ou une formation complémentaire de spécialisation.
  • Les magistrats prescripteurs de médiations restent maîtres de leurs choix et peuvent aussi bien désigner des personnes physiques que des personnes morales même s'ils sont encouragés à privilégier le médiateur "personne morale".

29 novembre 2022

Médiateur mis en place dans l'entreprise? Intérêt, enjeux et modalités de la médiation, par Valerie LASSERRE

28 novembre 2022

«La France est-elle une puissance médiatrice ?»

Par Tribune collective
Publié le 11/11/2022 à 11:11

FIGAROVOX/TRIBUNE - L'ambition affichée par le président de la République de faire de notre pays une «puissance médiatrice» se heurte à la conception très verticale de la diplomatie française, estiment les signataires de ce texte collectif, parmi lesquels le député Frédéric Petit, d'anciens ambassadeurs et diplomates.

En août 2018, le président français Emmanuel Macron évoquait devant les ambassadeurs de France réunis à Paris, son ambition de faire de la France «une puissance médiatrice». En France, les affaires du monde sont traditionnellement une prérogative de l'État et une fonction régalienne, voire un domaine réservé du président. Vus depuis Paris, les conflits se règlent essentiellement par la diplomatie et la coopération internationale. Dans cette conception/tradition, très verticale, il ne reste guère de place pour d'autres formes de médiation impulsées par les acteurs non étatiques de la résolution des conflits. Pourtant, dans un contexte international caractérisé par la multiplicité et la diversité des acteurs, la diplomatie de la paix gagnerait à ne plus être la seule exclusivité des États.

Les ONG de médiation mènent ce travail de facilitation des discussions à l'heure même où les diplomaties étatiques n'ont plus toujours, seules, la capacité de le faire, et que les organisations multilatérales montrent leurs limites.
Les signataires

Il est vrai que les conflits ont profondément évolué depuis ces vingt dernières années : insurrections djihadistes, guerre contre le terrorisme, conflits asymétriques, guerre informationnelle, retour de la guerre de haute intensité en Europe. Rares sont les périodes de l'histoire ayant connu une telle variété et complexité de conflits. Ces nouvelles conflictualités impliquent également de nouveaux acteurs. Il s'agit autant de ceux qui tiennent les armes que celles et ceux qui les subissent : communautés, groupes armés djihadistes, sociétés militaires privées, populations civiles, etc. L'irruption de ces acteurs non étatiques ne change pas seulement le visage de la guerre mais bouleverse la nature même des conflits et contribue surtout à déstabiliser profondément les sociétés.

Ces bouleversements de la guerre et de ses acteurs ont fait également émerger depuis une vingtaine d'années de nouveaux modes de résolution des conflits et de faiseurs de paix : la médiation, portée par des personnalités et des ONG.

La majorité des ONG de résolution des conflits intervient au niveau communautaire, en facilitant des réconciliations locales. Un nombre plus réduit d'ONG intervient à des niveaux plus politiques. Elles facilitent des accords entre groupes armés et gouvernements, entre mouvements d'opposition et pouvoir en place, etc. Les ONG de médiation mènent ce travail de facilitation des discussions à l'heure même où les diplomaties étatiques n'ont plus toujours, seules, la capacité de le faire, et que les organisations multilatérales montrent leurs limites.

Les ONG sont légitimes et utiles, alors même que les Nations unies sont contraintes à un certain immobilisme, prises dans les feux croisés des membres du Conseil de sécurité.
Les signataires

Les ONG de médiation sont toutefois suspectées de mener une diplomatie privée pour le compte d'intérêts politiques ou économiques cachés. Cette suspicion, liée à leur nécessaire indépendance, est particulièrement développée en France où l'intérêt du pays ne saurait être défendu par d'autres que des agents de l'État. Pourtant, les ONG de médiation sont principalement financées par des États qui ont fait de la paix et de la médiation une stratégie internationale et une marque de fabrique de leur diplomatie : Norvège, Suisse, Suède, Union européenne, etc. Ces diplomaties intègrent les actions menées par ces acteurs non étatiques, indépendants, transparents, aux méthodologies efficaces et basée sur une déontologie claire. Récipiendaires de financements publics, ces ONG rendent des comptes et sont astreints à des audits et des évaluations tout en défendant l'indépendance de leur action.

Elles ne font en réalité que mettre en pratique «l'obligation de règlement pacifique» prévue au chapitre 6 de la Charte des Nations unies, à l'instar des ONG des droits humains ou de développement qui se réfèrent aux droits universellement reconnus. Quel être humain devrait être privé de son droit à la paix ? Les ONG sont légitimes et utiles, alors même que les Nations unies sont contraintes à un certain immobilisme, prises dans les feux croisés des membres du Conseil de sécurité. Les diplomates eux-mêmes ne peuvent plus se déplacer librement en raison de l'insécurité. Dans ces circonstances, qui peut encore aller à la rencontre des membres des groupes armés et des acteurs de l'instabilité souvent considérés comme infréquentables ? Qui peut encore convier autour de la table tous les acteurs d'une crise, si ce ne sont les tiers indépendants que sont les médiateurs et les médiatrices des ONG ?

De nombreux États européens ont déjà amorcé cette approche consistant à intégrer les ONG de médiation dans leurs stratégies d'action en faveur de la paix. En France, l'intégration des acteurs non étatiques de résolution des conflits en reste pour l'heure à ses prémices. Ils agissent le plus souvent, à l'instar des organismes humanitaires, comme des prestataires de services aux populations confrontées aux crises.

Il est temps de structurer une capacité française de médiation autour de partenariats dynamiques entre diplomatie, ONG de médiation, élus et acteurs des sociétés civiles.
Les signataires

La loi du 4 août 2021 de programmation relative au développement solidaire et certains acteurs tentent de faire de «l'équipe France» une réalité sur le terrain. Toutefois, la marge de progression demeure immense. Ainsi, la diplomatie parlementaire peut constituer une force qui demeure embryonnaire et trop souvent limitée à des initiatives individuelles. Les parlementaires à l'instar des ONG ou de la coopération décentralisée, pourraient constituer des acteurs importants et influents du soft power français, forts de leur légitimité, expertise, et des liens de confiance noués loin des relations de pouvoir, souvent dans la longue durée.

Il est temps de structurer une capacité française de médiation autour de partenariats dynamiques entre diplomatie, ONG de médiation, élus et acteurs des sociétés civiles. Cela permettrait de constituer des pôles de réflexion, d'outils et d'acteurs qui puissent s'articuler ensemble et se coordonner plutôt que de s'opposer ou de s'ignorer. Ensemble, ils pourraient offrir une autre image de notre pays, lorsque la France est sollicitée ou en capacité d'agir. Plus qu'une puissance médiatrice, elle démontrerait une capacité à écouter, à accompagner et à soutenir l'autonomisation des acteurs et leur volonté de se responsabiliser. La France serait peut-être dès lors moins dans l'affirmation de sa puissance mais serait sans aucun doute mieux acceptée et bienvenue.

Signataires :
Gabrielle Planès, médiatrice, présidente de Promediation et de l'Institut de la médiation dans l'espace francophone (IMEF), Présidente d'Honneur de l'Association nationale des médiateurs (ANM)
Frédéric Petit, député MoDem des Français de l'étranger de la VIIe circonscription
Pierre Béliveau, Médiateur, directeur de l'Institut de la médiation dans l'espace francophone (IMEF).
Hugo Sada, ancien diplomate
Éric Blanchot, directeur général de Promediation
Christian Connan, ancien ambassadeur
Ahmedou Ould Abdallah, ancien ministre des Affaires étrangères de Mauritanie et ancien représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest





Lien vers l'article du Figaro

15 novembre 2022